Une publication Facebook diffusée le 4 janvier 2026 affirme que la Direction générale des Douanes du Tchad (DGDDI) organise une « grande vente aux enchères » de motos neuves dédouanées. Le message, largement relayé, promettait aux inscrits de réserver une moto (Yamaha Sirius, APSONIC, Honda, etc.) contre un frais d’inscription de 50 000 FCFA remboursables, à verser via Moov Money, et donnait un contact WhatsApp. Sao Check a examiné cette publication et a trouvé que ce « communiqué » est faux et non officiel. Plusieurs indices prouvent qu’il s’agit d’une arnaque : Une vérification des canaux de communication officiels de la Direction Générale des Douanes du Tchad ne révèle aucune trace d’une quelconque vente aux enchères de motos annoncée pour cette période. Aucun communiqué n’a été publié sur les plateformes institutionnelles, ni sur les médias locaux reconnus. Au contraire, la Direction Générale des Douanes a déjà alerté à plusieurs reprises sur la circulation de faux communiqués attribués abusivement à l’institution. Dans un communiqué officiel antérieur, le Directeur Général, le Général Ousman Brahim Djouma, a clairement indiqué que la Douane n’est ni à l’origine ni signataire de ces annonces frauduleuses diffusées sur les réseaux sociaux, et a mis en garde contre des individus cherchant à escroquer la population en usurpant l’identité de l’administration. Plusieurs éléments confirment le caractère frauduleux de cette publication. D’abord, l’utilisation d’un numéro WhatsApp personnel comme unique canal de contact ne correspond pas aux pratiques d’une administration publique. Ensuite, la demande d’un paiement anticipé de 50 000 FCFA via Moov Money pour une prétendue « inscription » est suspecte. Aucune structure étatique ne procède de cette manière pour des ventes publiques. Par ailleurs, la promesse selon laquelle « toutes les personnes inscrites sont garanties à 100 % d’obtenir leur moto » relève d’un procédé classique d’arnaque en ligne, visant à créer un sentiment d’urgence et de fausse sécurité. Les prix fixes annoncés pour des modèles variés de motos, sans procédure réglementaire claire ni cadre juridique, renforcent également les doutes. Enfin, l’analyse des images associées à la publication, à l’aide d’outils de vérification comme FotoForensics, montre des signes de retouche numérique, suggérant que les photos ont été modifiées ou sorties de leur contexte original pour crédibiliser l’annonce. Conclusion :La publication attribuant à la Direction Générale des Douanes du Tchad l’organisation d’une vente aux enchères de motos est fausse. L’administration douanière n’a annoncé aucune opération de ce type et a déjà mis en garde contre des tentatives d’escroquerie utilisant son nom. Les citoyens sont appelés à la vigilance et à ne transmettre ni argent ni documents personnels via WhatsApp. Cette vérification des faits a été réalisée par SaoCheck dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Elle a été produite grâce au mentorat de l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, PesaCheck, et au soutien financier de la Digital Democracy Initiative dans le cadre du projet Digitalise Youth mené par le Partenariat européen pour la démocratie (EPD). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La décision éditoriale reste du ressort de SaoCheck. Pour en savoir plus, rendez-vous sur : https://fr.factcheck.africa/
FAUX : le lien de recrutement de l’INSEED est une fausse offre
Depuis le 08 janvier 2026, un lien circulant dans des groupes Whatsapp prétend être le portail officiel de l’Institut National de la Statistique, des Études Économiques et Démographiques (INSEED) et invite les internautes à postuler pour des postes dans le cadre du prochain recensement national de la population et du logement. L’annonce est accompagnée d’un texte qui affirme que l’INSEED aurait lancé une campagne de recrutement et que les candidats seraient contactés par courriel après inscription. Ce lien renvoie vers le site https://hr-jbs.github.io/inseed/, qui utilise le nom et l’identité visuelle de l’INSEED. Sao Check a examiné cette publication et l’a trouvée fausse. Une première vérification a consisté à consulter les canaux officiels de l’INSEED, notamment son site internet institutionnel et sa page Facebook officielle. Aucune annonce de recrutement, ni pour le recensement ni pour un autre programme, n’y figure. En revanche, l’INSEED a publié un communiqué officiel de démenti, accessible publiquement sur son site, dans lequel l’institution affirme clairement qu’aucune campagne de recrutement n’est en cours et que le message en circulation est une fausse information. Dans ce communiqué, l’INSEED précise que le lien diffusé sur les réseaux sociaux n’émane d’aucune structure officielle, ni de l’institut lui-même, ni du Bureau de coordination du recensement. L’institution appelle les citoyens à la vigilance et rappelle que seules les informations publiées sur ses plateformes officielles font foi. L’analyse technique du lien partagé confirme également le caractère frauduleux de l’annonce. Le site est hébergé sur le domaine github.io, une plateforme destinée à l’hébergement de pages web personnelles ou de projets informatiques, et non sur un domaine institutionnel tchadien. Or, l’INSEED utilise exclusivement le domaine inseed.td pour ses communications numériques. Cette différence de domaine constitue un indicateur classique de sites d’usurpation d’identité. Le site invite en effet les internautes à renseigner des informations sensibles sous couvert d’un recrutement inexistant, une méthode fréquemment observée dans les campagnes d’escroquerie en ligne diffusées via WhatsApp. La diffusion ciblée de ce message dans des groupes WhatsApp est également révélatrice. Ce mode de propagation permet d’atteindre rapidement des personnes en recherche d’emploi, sans possibilité immédiate de vérification publique, et favorise la circulation de fausses opportunités présentées comme urgentes ou institutionnelles. Conclusion : Cette publication annonçant un recrutement de l’INSEED est fausse. L’institution a formellement démenti toute campagne de recrutement en cours et a confirmé que le lien partagé n’est pas un portail officiel. Les citoyens sont invités à ne pas fournir d’informations personnelles via ce site et à consulter exclusivement le site www.inseed.td ainsi que la page Facebook officielle de l’INSEED pour toute information fiable. Cette vérification des faits a été réalisée par SaoCheck dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Elle a été produite grâce au mentorat de l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, PesaCheck, et au soutien financier de la Digital Democracy Initiative dans le cadre du projet Digitalise Youth mené par le Partenariat européen pour la démocratie (EPD). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La décision éditoriale reste du ressort de SaoCheck. Pour en savoir plus, rendez-vous sur : https://fr.factcheck.africa/
FAUX : aucun média tchadien n’a rapporté une tentative de coup d’État à N’Djamena en décembre 2025
Une publication diffusée sur le réseau social X affirme que « les médias tchadiens rapportent qu’une tentative de coup d’État menée par des officiers militaires a été réprimée à N’Djamena » et que le président Mahamat Idriss Déby resterait aux commandes. Publié à la mi-décembre 2025, ce message laisse entendre qu’une information grave et vérifiée circulerait dans la presse tchadienne. Après vérification, cette affirmation est fausse. L’auteur de la publication ne fournit aucun lien, aucun extrait, ni aucune référence précise vers un média tchadien. L’expression vague « Chad media reporting » est utilisée sans permettre au lecteur d’identifier une source vérifiable, ce qui constitue déjà un premier signal d’alerte en matière de désinformation. Pour vérifier cette affirmation, nous avons consulté les principaux médias tchadiens en ligne dans l’intervalle correspondant à la date de publication du message sur X. Les recherches ont porté sur les sites d’information les plus suivis et régulièrement mis à jour. Le site Tchadinfos, l’un des principaux médias en ligne du pays, ne fait état d’aucune tentative de coup d’État ni d’un soulèvement militaire à N’Djamena à cette période Même constat sur le site de Tchad 24, média très actif sur les questions politiques et sécuritaires, où aucune publication ne mentionne un coup d’État ou une mutinerie militaire en décembre 2025 Les plateformes de la Télévision nationale tchadienne (ONAMA / Télé Tchad), consultées via leurs canaux numériques, ne rapportent également aucun événement de cette nature Les recherches effectuées sur Alwihda Info, média régional souvent cité pour l’actualité tchadienne, ne montrent aucune information relative à un coup d’État au Tchad dans la période concernée Enfin, aucune alerte ou publication allant dans ce sens n’a été retrouvée sur les pages professionnelles de radios tchadiennes actives en ligne, notamment Radio FM Liberté L’absence totale de couverture médiatique locale est un élément déterminant. Une tentative de coup d’État, si elle avait réellement eu lieu, aurait nécessairement été relayée par plusieurs de ces médias, ne serait-ce que sous forme d’alerte ou de communiqué officiel. Cette publication sur X semble en réalité s’inscrire dans la continuité d’une vidéo virale déjà identifiée comme hors contexte, présentée à tort comme montrant un coup d’État au Tchad. Or, comme établi dans un fact-checking précédent, cette vidéo correspond à la tentative de coup d’État survenue en Bolivie le 26 juin 2024, et n’a aucun lien avec la situation tchadienne. Elle a été recyclée pour donner une apparence de crédibilité à une rumeur infondée. En affirmant que « les médias tchadiens en parlent », sans citer la moindre source vérifiable, la publication induit le public en erreur et contribue à la propagation d’une fausse information appuyée sur des images étrangères sorties de leur contexte. En conclusion, aucun média tchadien n’a rapporté une tentative de coup d’État à N’Djamena à la date évoquée. L’affirmation diffusée sur X repose sur des sources inexistantes et sur une vidéo étrangère détournée de son contexte. Cette vérification des faits a été réalisée par SaoCheck dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Elle a été produite grâce au mentorat de l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, PesaCheck, et au soutien financier de la Digital Democracy Initiative dans le cadre du projet Digitalise Youth mené par le Partenariat européen pour la démocratie (EPD). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La décision éditoriale reste du ressort de SaoCheck. Pour en savoir plus, rendez-vous sur : https://fr.factcheck.africa/
Faux, cette vidéo ne montre pas une attaque récente contre le palais présidentiel tchadien
Une vidéo publiée sur Facebook le 17 décembre 2025 affirme que la présidence de la République du Tchad aurait été attaquée. Les images montrent des militaires lourdement armés, accompagnés de blindés, stationnés devant un bâtiment présenté comme une infrastructure officielle à N’Djamena. En quelques heures, la publication a suscité inquiétude et spéculations dans plusieurs groupes tchadiens. Après vérification, cette affirmation est fausse. La vidéo, relayée par cette page Facebook sans source identifiable, laisse entendre qu’un événement sécuritaire majeur serait en cours au sommet de l’État tchadien. Le caractère spectaculaire des images et le contexte régional sensible ont contribué à renforcer la crédibilité apparente du message auprès d’une partie du public. Toutefois, aucun élément concret ne vient étayer cette version des faits. Pour vérifier l’authenticité de la vidéo et son contexte réel, nous avons procédé à une analyse approfondie des images. Cette démarche s’est appuyée sur l’observation visuelle du décor, des équipements militaires et du bâtiment filmé, ainsi que sur l’utilisation d’outils de vérification numérique, notamment Google Lens et Vortimo, spécialisés dans la recherche inversée d’images et de vidéos. Les résultats obtenus sont clairs et concordants. Les images ne proviennent pas du Tchad. Elles correspondent à une vidéo largement documentée datant du 26 juin 2024, filmée à La Paz, en Bolivie, lors de la tentative de coup d’État menée par des unités militaires boliviennes contre les institutions du pays. Ce jour-là, des blindés avaient été déployés dans les environs de bâtiments gouvernementaux, une scène captée par plusieurs médias internationaux et diffusée massivement à l’époque. La comparaison des images permet d’écarter toute confusion possible. L’architecture visible dans la vidéo ne correspond pas à celle de la présidence tchadienne, et les véhicules militaires observés diffèrent de ceux utilisés par les forces armées du Tchad. Par ailleurs, au 17 décembre 2025, aucune communication officielle des autorités tchadiennes, ni aucune couverture médiatique fiable, nationale ou internationale, ne fait état d’une attaque contre la présidence ou d’un incident sécuritaire majeur à N’Djamena. Cette vidéo a donc été sortie de son contexte d’origine et utilisée pour diffuser une information trompeuse. Ce procédé est fréquent dans les campagnes de désinformation, notamment en période de tension ou d’incertitude, car il exploite des images fortes pour provoquer peur et confusion au sein du public. En conclusion, l’affirmation selon laquelle la vidéo montrerait une attaque contre la présidence tchadienne est fausse. Les images ont été tournées en Bolivie en 2024 et n’ont aucun lien avec la situation sécuritaire au Tchad. Avant de partager ce type de contenu, il est essentiel de vérifier l’origine des images afin d’éviter la propagation de fausses informations. Cette vérification des faits a été réalisée par SaoCheck dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Elle a été produite grâce au mentorat de l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, PesaCheck, et au soutien financier de la Digital Democracy Initiative dans le cadre du projet Digitalise Youth mené par le Partenariat européen pour la démocratie (EPD). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La décision éditoriale reste du ressort de SaoCheck. Pour en savoir plus, rendez-vous sur : https://fr.factcheck.africa/
Faux : cette vidéo ne montre pas l’arrestation du président tchadien Mahamat Idriss Déby par des Américains et Donald Trump n’a pas désigné le président tchadien Mahamat Idriss Déby comme une « cible »
Une vidéo publiée sur Facebook par la page « Nouvelles du Tchad » prétend montrer le président de la République du Tchad, Mahamat Idriss Déby Itno, menotté et arrêté par des forces américaines. La publication affirme que le chef de l’État serait la « prochaine cible de Donald Trump », dans un contexte présenté comme faisant suite à l’arrestation récente du président venezuelin. Cette information est fausse. Les images montrent le président tchadien vêtu d’un boubou blanc, menotté, entouré de policiers en uniforme américain. Le texte accompagnant la vidéo affirme qu’il s’agirait du président tchadien Mahamat Idriss Déby, présenté comme un « dictateur criminel », et suggère une arrestation imminente orchestrée par les États-Unis. Absence totale de confirmation officielle Une recherche sur le site officiel de la présidence de la République du Tchad, sur les plateformes institutionnelles du gouvernement tchadien, ainsi que dans les bases d’actualité des grands médias internationaux tels que Reuters, l’Associated Press, la BBC ou Al Jazeera, ne révèle aucune trace d’une arrestation ou d’une procédure judiciaire visant Mahamat Idriss Déby. Un événement d’une telle ampleur, impliquant l’arrestation d’un président en exercice par une puissance étrangère, ferait nécessairement l’objet d’annonces officielles et d’une couverture médiatique internationale immédiate, ce qui n’est pas le cas. Aucune déclaration de Donald Trump allant dans ce sens Une recherche sur les déclarations publiques de Donald Trump, ne montre aucune déclaration dans laquelle le président américain mentionne Mahamat Idriss Déby comme une « cible », un dirigeant à arrêter ou un chef d’État poursuivi. Les bases d’actualité de médias de référence tels que Reuters, l’Associated Press , la BBC ou Al Jazeera ne rapportent aucune menace, annonce ou initiative de Donald Trump visant le président tchadien. Une manipulation du contexte international La publication exploite un contexte international récent, en évoquant l’arrestation du président venezuelin, afin de suggérer l’existence d’une prétendue série d’arrestations de chefs d’État. Toutefois, aucune déclaration publique de Donald Trump, ni aucun document officiel américain, ne mentionne Mahamat Idriss Déby comme une « cible ». Il s’agit d’un procédé classique de désinformation consistant à associer une information réelle à des images sans lien afin de renforcer artificiellement leur crédibilité. Verdict : FAUX. La vidéo affirmant montrer l’arrestation du président tchadien Mahamat Idriss Déby par des forces américaines est fausse. Les images utilisées ne montrent pas le chef de l’État tchadien et aucune source officielle ou médiatique crédible ne confirme une telle arrestation. Il s’agit d’un contenu trompeur reposant sur une vidéo manipulée, associée à une légende mensongère Cette vérification des faits a été réalisée par SaoCheck dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Elle a été produite grâce au mentorat de l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, PesaCheck, et au soutien financier de la Digital Democracy Initiative dans le cadre du projet Digitalise Youth mené par le Partenariat européen pour la démocratie (EPD). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La décision éditoriale reste du ressort de SaoCheck. Pour en savoir plus, rendez-vous sur : https://fr.factcheck.africa/