Des messages largement relayés dans des groupes WhatsApp invitent les internautes à investir sur une plateforme dénommée 235Cattleman, présentée comme une nouvelle société d’investissement arrivée au Tchad le 17 juillet 2026. Les publications promettent des revenus quotidiens pendant 120 jours, proposent des investissements allant de 5 000 à 1 300 000 FCFA et encouragent les utilisateurs à parrainer d’autres investisseurs pour augmenter leurs gains. Les paiements et retraits sont effectués via Airtel Money et Moov Money. Après plusieurs jours d’investigation, SaoCheck n’a trouvé aucun élément permettant d’établir que cette plateforme est une société d’investissement légalement enregistrée ou autorisée à exercer une activité financière au Tchad ou en Allemagne. Au contraire, notre enquête met en évidence de nombreux signaux de risque. Notre première vérification a porté sur l’identité de l’entreprise. Le service client de la plateforme, contacté par SaoCheck, affirme que l’entreprise est enregistrée en Allemagne et qu’elle exerce au Tchad dans le cadre d’un « contrat de deux ans ». Pourtant, malgré plusieurs demandes, aucun document officiel attestant de l’existence juridique de cette société n’a été fourni. Ni le numéro d’immatriculation, ni le registre de commerce, ni l’adresse du siège social, ni l’identité des dirigeants n’ont été communiqués. Afin de vérifier cette affirmation, SaoCheck a consulté les registres publics des entreprises allemandes. Aucune société correspondant à 235Cattleman ou CattlemanWorld n’y apparaît. Cette absence d’enregistrement est incompatible avec les déclarations du service client, qui présente pourtant la plateforme comme une entreprise légalement établie en Allemagne. Nous avons également recherché un éventuel agrément auprès de la Commission de Surveillance du Marché Financier de l’Afrique Centrale (COSUMAF), l’autorité chargée d’autoriser et de superviser les acteurs des marchés financiers dans les pays de la CEMAC. Aucun établissement portant le nom de 235Cattleman ou CattlemanWorld ne figure dans les listes officielles des sociétés agréées. Aucune autorisation n’a pu être retrouvée permettant à cette plateforme de proposer des placements financiers au public. L’analyse du site internet soulève d’autres interrogations. Le nom de domaine 235cattleman.com n’a été enregistré que le 28 juillet 2026, soit plusieurs jours après la date à laquelle la plateforme affirme avoir commencé ses activités au Tchad. Le site ne contient aucune mention légale, aucune politique de confidentialité, aucune adresse physique, aucun nom de responsable ni aucune information permettant d’identifier la société qui l’exploite. Ces informations constituent pourtant les éléments de transparence habituellement attendus d’une entreprise proposant des services financiers. Le fonctionnement de la plateforme présente également plusieurs caractéristiques fréquemment observées dans les systèmes d’investissement à haut risque. Les utilisateurs sont encouragés à recruter de nouveaux investisseurs afin d’augmenter leurs revenus. Les investissements promettent des gains quotidiens pendant une période fixe de 120 jours, indépendamment de l’évolution d’un marché ou d’une activité économique clairement identifiée. Or, la plateforme n’explique jamais de manière précise comment ces revenus sont générés. Notre enquête montre également que les opérations ne semblent pas entièrement automatisées. Les demandes de recharge et de retrait sont traitées manuellement, obligeant les investisseurs à patienter plusieurs heures avant leur validation. Dans les groupes WhatsApp, plusieurs internautes affirment que leurs messages ont été supprimés après avoir posé des questions sur le fonctionnement de la plateforme ou évoqué SKEM, une autre plateforme d’investissement qui s’est récemment effondrée en laissant de nombreux utilisateurs sans remboursement. Les modalités de paiement soulèvent elles aussi des interrogations. Les captures d’écran consultées par SaoCheck montrent que les dépôts sont effectués sur des comptes Mobile Money enregistrés au nom de particuliers et non au nom d’une entreprise clairement identifiée. La plateforme utilise Airtel Money et Moov Money pour les transactions. Pourtant, Airtel a récemment rappelé qu’elle n’est associé à aucune plateforme d’investissement utilisant ses services de paiement et invite ses abonnés à la plus grande vigilance face aux offres d’investissement diffusées sur lesréseaux sociaux. SaoCheck a également observé que le service client communique principalement à travers un groupe WhatsApp. Les profils du service client et de deux autres administrateurs utilisent la même photographie de profil, manifestement générée ou fortement manipulée par intelligence artificielle. Lors de nos échanges, les réponses fournies se sont révélées très générales et n’ont jamais permis d’obtenir les informations demandées concernant l’identité des responsables de l’entreprise ou son implantation au Tchad. Enfin, malgré nos nombreuses sollicitations, aucun responsable identifiable de 235 Cattleman n’a accepté de répondre directement à nos questions. Le service client s’est limité à affirmer que les documents relatifs au prétendu contrat de deux ans étaient « confidentiels » et a invité SaoCheck à « observer encore quelque temps » le fonctionnement de la plateforme, sans apporter la moindre preuve de son existence juridique. L’ensemble de ces éléments ne permet pas de confirmer que 235 Cattleman est une société d’investissement légalement constituée ou autorisée à exercer une activité financière. L’absence d’enregistrement identifiable, l’absence d’agrément auprès des autorités compétentes, le manque total de transparence sur les responsables de la plateforme, le recours au parrainage, les promesses de revenus quotidiens et les difficultés rencontrées par certains utilisateurs constituent autant de signaux de vigilance. Conclusion : les affirmations présentant 235 Cattleman comme une plateforme d’investissement fiable et légalement établie ne sont étayées par aucun élément vérifiable. Au cours de son enquête, SaoCheck n’a trouvé aucune preuve de son existence juridique en Allemagne, aucun agrément auprès de la COSUMAF et aucune information officielle permettant d’identifier ses responsables. Les internautes sont invités à faire preuve d’une extrême prudence face à ce type de plateformes promettant des revenus rapides, notamment lorsqu’elles reposent sur le recrutement de nouveaux investisseurs et ne fournissent aucune information transparente sur leur statut légal ou leur mode de fonctionnement. Cette vérification des faits a été réalisée par SaoCheck et le studio hirondelle dans le cadre d’un projet avec le soutien de l’Union européenne qui vise à favoriser la cohésion sociale et la résilience des populations face à la désinformation et aux discours clivants au Tchad et dans le Sahel central..
Faux « recrutement » P-ESS au Tchad est une arnaque.
Un avis de recrutement diffusé sur WhatsApp annonce le recrutement de 281 agents enquêteurs pour un prétendu Projet d’Évaluation des Services de Santé (P-ESS) au Tchad. Après vérification, cette offre présente plusieurs signes caractéristiques d’une opération frauduleuse reposant sur l’usurpation d’identité d’organisations reconnues. Le document affiche les logos de plusieurs organisations internationales, notamment Basic Health International (BHI), Health Poverty Action, Together for Health Network, Merit Health Medical Group et Global Health Corps. Les candidats sont invités à envoyer leur curriculum vitae à une adresse Gmail afin de recevoir un lien de candidature. SaoCheck et le Studio Hirondelle Tchad ont examiné le document, les échanges transmis aux candidats ainsi que les différentes étapes du processus de recrutement présenté. Les éléments recueillis montrent qu’il ne s’agit pas d’une procédure de recrutement fiable. L’annonce demande aux candidats d’envoyer leur CV à l’adresse électronique « zakariadjibrinee@gmail.com ». Après l’envoi du dossier, les postulants reçoivent un message contenant un lien Google Forms destiné à compléter leur candidature. Le contenu du message indique : « Nous vous remercions pour l’intérêt que vous portez à ce projet. Nous vous invitons à compléter votre candidature en remplissant le formulaire ci-après (…) Merci de partager. » Après avoir cliqué sur le lien contenu dans le mail, voici le formulaire qui s’affiche Cette invitation à diffuser massivement le lien constitue un premier signal d’alerte. Les procédures de recrutement professionnelles n’encouragent généralement pas les candidats à relayer eux-mêmes les formulaires de candidature auprès d’autres personnes. L’analyse du processus révèle ensuite une deuxième étape. Après avoir renseigné leurs informations personnelles dans le formulaire, les candidats reçoivent un document PDF leur annonçant leur sélection comme agents enquêteurs du projet P-ESS. Le document promet notamment : Cependant, avant de participer à cette formation, les candidats sont invités à payer la somme de 4 790 FCFA pour couvrir les frais de badge et d’impression des documents de formation. Le paiement doit être effectué via Airtel Money après l’envoi d’une photo d’identité aux adresses Gmail « zakariadjibrinee@gmail.com » ou « fatoumatakondi@gmail.com ». Cette demande d’argent constitue l’un des principaux indices d’une arnaque au recrutement. Les organisations légitimes prennent généralement en charge les frais liés à leurs procédures internes et ne conditionnent pas l’accès à une formation ou à un emploi au versement préalable d’une somme d’argent. L’analyse du document de recrutement soulève également plusieurs interrogations concernant les organisations citées. Les logos de Basic Health International (BHI), Health Poverty Action, Together for Health Network, Merit Health Medical Group et Global Health Corps sont utilisés pour donner une apparence officielle à l’annonce. Pourtant, aucune publication similaire n’a été retrouvée sur les sites internet ou les canaux de communication officiels de ces organisations qui d’ailleurs ne sont pas présentes sur le territoire tchadien. Aucune information publique ne permet non plus de confirmer l’existence d’un projet intitulé « Projet d’Évaluation des Services de Santé (P-ESS) » porté conjointement par ces structures au Tchad. L’absence de publication sur les canaux officiels constitue un élément important. Les organisations internationales communiquent habituellement leurs recrutements sur leurs sites web, leurs réseaux sociaux officiels ou à travers des plateformes spécialisées de recrutement. La diffusion exclusive d’un appel à candidatures par WhatsApp est inhabituelle pour ce type d’organisations. Les adresses utilisées dans le processus constituent un autre indice préoccupant. Les échanges sont réalisés exclusivement à travers des comptes Gmail personnels. Aucune adresse professionnelle associée à une organisation ou à un domaine institutionnel n’est utilisée. Par ailleurs, les candidats sont amenés à transmettre plusieurs données personnelles, notamment leur curriculum vitae, leurs coordonnées et leur photographie d’identité. Ces informations peuvent être exploitées à des fins d’usurpation d’identité ou dans le cadre d’autres opérations frauduleuses. L’ensemble de ces éléments correspond à un mode opératoire fréquemment observé dans les fausses campagnes de recrutement circulant sur les réseaux sociaux et les applications de messagerie. Le procédé consiste à utiliser l’image d’organisations connues pour instaurer un climat de confiance, à collecter des informations personnelles puis à demander une somme d’argent sous prétexte de frais administratifs ou de formation. Conclusion : l’analyse de l’annonce, du formulaire de candidature et du document de sélection révèle de nombreux signaux d’alerte. Aucune preuve ne permet d’établir un lien entre cette opération de recrutement et les organisations dont les logos sont utilisés. La demande de paiement, l’utilisation d’adresses Gmail personnelles, l’absence de communication officielle et la diffusion quasi exclusive via WhatsApp indiquent qu’il s’agit d’un contenu trompeur présentant les caractéristiques d’une arnaque au recrutement. Les internautes sont invités à ne pas effectuer de paiement, à ne pas transmettre de documents personnels supplémentaires et à vérifier systématiquement les offres d’emploi sur les canaux officiels des organisations concernées. Cette vérification des faits a été réalisée par SaoCheck et le studio hirondelle dans le cadre d’un projet avec le soutien de l’Union européenne qui vise à favoriser la cohésion sociale et la résilience des populations face à la désinformation et aux discours clivants au Tchad et dans le Sahel central.. Denis NGARNDIGUINA
Faux : la SONEMIC n’a lancé aucun recrutement en ligne.
Une publication largement relayée sur WhatsApp prétend que la Société Nationale d’Exploitation Minière et de Contrôle (SONEMIC) a ouvert une plateforme de recrutement pour de grands projets miniers au Tchad. Les internautes sont invités à cliquer sur un lien et à soumettre leur candidature en ligne. Cette information est FAUSSE. Le message annonce l’ouverture d’un recrutement au sein de la SONEMIC et invite les candidats à postuler via une plateforme en ligne. Après avoir cliqué sur le lien, l’utilisateur est redirigé vers un site internet reprenant le nom et l’identité visuelle de la société. La page affiche notamment le message : « Bienvenue sur la page de recrutement du personnel de la SONEMIC pour 2026. Veuillez cliquer sur OK pour continuer. » SaoCheck a examiné cette prétendue plateforme de recrutement et a constaté plusieurs éléments démontrant qu’il s’agit d’un site frauduleux. L’analyse du site révèle également plusieurs anomalies techniques. Les informations WHOIS du domaine ne permettent pas d’identifier clairement le propriétaire du site et le pays d’enregistrement n’est pas renseigné. Le site est par ailleurs hébergé sur GitHub, une plateforme principalement destinée à l’hébergement de codes sources et aux tests de projets informatiques. Bien que GitHub puisse héberger des sites web légitimes, il est inhabituel qu’une entreprise publique de l’importance de la SONEMIC utilise une simple page GitHub pour gérer une campagne nationale de recrutement. L’examen du contenu montre également une usurpation manifeste de l’identité de la SONEMIC. L’image ainsi que le logo utilisé sur la plateforme ont été repris depuis les canaux officiels de l’entreprise afin de donner une apparence de crédibilité. Le formulaire de candidature demande aux utilisateurs de fournir de nombreuses informations personnelles, notamment leur prénom, leur nom, leur numéro de téléphone, leur adresse électronique, leur date de naissance, leur tranche d’âge, leur genre ainsi que des informations détaillées sur une éventuelle situation de handicap. Or, malgré cette collecte importante de données personnelles, le site ne présente aucune politique de confidentialité, aucune mention légale, aucun responsable du traitement des données et aucun contact officiel de la SONEMIC. Ces absences constituent des signaux d’alerte importants pour tout utilisateur. Nous avons également testé la plateforme en remplissant le formulaire avec des informations fictives. Après validation, le site refuse de transmettre la candidature tant que l’utilisateur n’a pas partagé le message à cinq groupes WhatsApp ou à quinze contacts. Cette exigence constitue un indice supplémentaire de fraude. Les recruteurs recherchent des candidats qualifiés et non la viralité d’un message. Une procédure de recrutement sérieuse ne conditionne jamais la soumission d’une candidature au partage massif d’une annonce. Cette pratique est fréquemment observée dans les campagnes frauduleuses qui cherchent à augmenter artificiellement leur diffusion afin d’atteindre davantage de victimes. L’analyse du site révèle également que les liens présents dans son en-tête ne renvoient pas vers des informations relatives à la SONEMIC. Ils redirigent tous vers une plateforme de paris en ligne. Une telle redirection n’a aucun lien avec une procédure de recrutement professionnelle et renforce les soupçons quant aux véritables intentions des auteurs du site. Une autre indication importante provient d’un communiqué officiel publié le 22 mai 2026 par la SONEMIC. Dans ce document, la société alerte le public sur l’existence de sites et plateformes frauduleux utilisant illégalement son nom, son logo et ses éléments visuels pour diffuser de faux recrutements en ligne. Le communiqué précise qu’aucune offre d’emploi ni procédure de recrutement n’est en cours au sein de l’entreprise et invite les internautes à ne pas cliquer sur les liens suspects, à ne pas transmettre leurs documents personnels et à ne procéder à aucun paiement en réponse à des annonces non vérifiées. Le document est signé par Habib Ahmat, chef du service communication de la SONEMIC. Conclusion L’annonce de recrutement attribuée à la SONEMIC est fausse. La société a officiellement démenti l’information. Le site utilisé usurpe l’identité de l’entreprise, collecte des données personnelles sans garanties de protection, redirige vers des sites de paris en ligne et oblige les utilisateurs à partager massivement le message avant de poursuivre leur candidature. Les internautes sont invités à ne pas transmettre leurs informations personnelles et à se référer uniquement aux canaux officiels de la SONEMIC pour toute information relative à d’éventuels recrutements. TOLNGAR Jean-Baptiste
Faux : la vidéo montrant un hélicoptère livrant du matériel à Boko Haram ne prouve pas un soutien occidental aux groupes armés
Une vidéo largement relayée sur Facebook par une page nommée « Askar Tchad » affirme qu’« un hélicoptère des occidentaux aurait atterri avec du matériel destiné aux terroristes de Boko Haram ». La publication ajoute que cette affaire « alimente de nouvelles interrogations sur les appuis extérieurs dont bénéficieraient certains groupes armés dans la région du Lac Tchad ». La vidéo est vue par des milliers de personnes, elle a suscité de nombreuses réactions et quelques commentaires sur facebook, certains internautes y voyant la preuve d’un soutien étranger aux groupes terroristes opérant dans la région. Après vérification, rien ne permet d’affirmer que cet hélicoptère transportait du matériel destiné à Boko Haram et moins encore dans la province du Lac Tchad. Les images utilisées sont anciennes et ont déjà été détournées dans d’autres campagnes de désinformation en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. SaoCheck a analysé la vidéo à l’aide de l’outil InVID WeVerify afin d’extraire plusieurs images clés. Une recherche d’image inversée effectuée ensuite avec Google Lens a permis de retrouver des publications et articles plus anciens utilisant exactement les mêmes images dans un contexte similaire de désinformation. Les recherches montrent notamment que FRANCE 24 Observers ainsi que d’autres médias avaient déjà enquêté sur cette vidéo après sa diffusion massive au Mali et au Nigeria, où elle était également présentée comme une prétendue preuve de soutien occidental à des groupes armés. Contrairement aux affirmations relayées sur les réseaux sociaux, l’hélicoptère visible dans la vidéo n’appartient pas à une force militaire étrangère. Il s’agit d’un appareil utilisé par African Parks, une organisation de conservation de la nature basée en Afrique du Sud et active dans plusieurs réserves naturelles africaines. Selon les explications fournies par l’organisation à l’équipe des Observers de FRANCE 24, la vidéo a été filmée dans la réserve naturelle de Chinko, en République centrafricaine. African Parks précise que l’hélicoptère effectuait une mission de ravitaillement de routine le 4 décembre dans le cadre des activités de gestion du parc. L’organisation explique que l’appareil transportait des équipes de sensibilisation non armées ainsi que du matériel logistique destiné aux opérations de terrain. Ces équipes travaillent auprès des éleveurs traversant la région afin de les orienter vers des itinéraires autorisés autour de la réserve naturelle. Aucun élément présenté dans la vidéo ne permet donc d’établir un lien avec Boko Haram ou avec une opération militaire clandestine. L’analyse du contenu montre surtout un schéma fréquent de désinformation : une ancienne vidéo sortie de son contexte est réutilisée avec un nouveau récit plus sensible afin de provoquer de fortes réactions émotionnelles et alimenter la méfiance autour des questions sécuritaires dans la province du Lac Tchad. Ce type de publication devient particulièrement viral lorsqu’il touche à des sujets sensibles comme le terrorisme, les interventions étrangères ou la sécurité nationale. Pourtant, les images seules ne suffisent pas à prouver les affirmations qui les accompagnent. Conclusion : la vidéo relayée par la page « Askar Tchad » ne constitue pas une preuve d’un soutien occidental à Boko Haram. Les images montrent en réalité un hélicoptère de l’organisation African Parks effectuant une mission logistique dans une réserve naturelle en République centrafricaine. Cette vidéo ancienne a déjà été utilisée par le passé dans plusieurs campagnes de désinformation sur les réseaux sociaux. TOLNGAR Jean Baptiste
Trompeur : un blog créé sur Blogspot usurpe le nom de l’AMCP–SP pour diffuser un faux recrutement
Un message diffusé sur WhatsApp invite les internautes à postuler à un recrutement attribué à l’« Alliance Médicale Contre le Paludisme–Santé Population (AMCP–SP) ». Le lien partagé redirige vers une page web présentant un formulaire et demandant aux candidats de renseigner leurs informations personnelles. Présentée comme une opportunité professionnelle au sein d’une organisation non gouvernementale, cette annonce suscite l’intérêt de nombreux jeunes. Après vérification, ce contenu est trompeur et s’inscrit dans un schéma d’usurpation d’identité visant à collecter des données sensibles. SaoCheck a examiné ce contenu et les éléments associés et les a jugés non fiables. L’analyse du site révèle plusieurs incohérences. Il ne s’agit pas d’un site officiel, mais d’un blog créé sur la plateforme Blogger, un service de google qui permet à tout utilisateur de créer un blog et d’y publier du contenu gratuitement. Une organisation structurée comme l’AMCP–SP ne diffuse généralement pas ses avis de recrutement via ce type de support non officiel, ce qui constitue un premier signal d’alerte. Le blog utilise le nom et le logo de l’Organisation Non Gouvernementale humanitaire médicale nationale au Mali, Alliance Médicale Contre le Paludisme–Santé Population (AMCP–SP) pour se présenter comme une source officielle. Cependant, aucune annonce similaire n’a été publiée sur les canaux officiels de cette organisation. Cette absence de communication officielle remet en cause la crédibilité de l’offre. L’analyse du visuel montre également l’utilisation du logo de l’Alliance pour l’action médicale internationale (ALIMA),une organisation médicale humanitaire internationale . L’association de plusieurs identités visuelles sans lien clair est une technique couramment utilisée pour renforcer artificiellement la crédibilité d’un contenu frauduleux. Le lien vers cette page est principalement diffusé via WhatsApp et relayé par un utilisateur sur Facebook, un mode de propagation fréquent dans les campagnes de désinformation et les tentatives d’escroquerie en ligne. Le formulaire proposé aux candidats demande de renseigner des informations personnelles telles que le nom, le numéro de téléphone, la date de naissance et l’adresse e-mail. Bien qu’aucun paiement ne soit exigé, la collecte de ces données peut être utilisée à des fins malveillantes, notamment pour du démarchage abusif ou d’autres formes d’arnaques. Les vérifications techniques apportent des éléments supplémentaires. L’utilisation d’un sous-domaine Blogger ne permet pas d’identifier directement le propriétaire du blog via les outils Whois, les informations étant associées à la plateforme elle-même. Par ailleurs, le site est protégé par Cloudflare, un service qui masque certaines données techniques, ce qui limite davantage la traçabilité des responsables. Une recherche de l’image utilisée dans l’annonce via l’outil TinEye n’a permis de retrouver aucune source fiable associée, ce qui renforce les doutes sur son authenticité. L’ensemble de ces éléments révèle un mode opératoire structuré. Le blog utilise le nom d’une organisation reconnue, diffuse une offre attractive, collecte des informations personnelles et s’appuie sur une diffusion via WhatsApp pour toucher un large public tout en évitant les canaux publiques. Ce procédé est caractéristique des tentatives d’usurpation d’identité visant à exploiter la confiance des internautes. Conclusion : ce blog créé sur Blogger.com et se présentant comme un recrutement de l’AMCP–SP n’est pas une source officielle. Aucun élément ne permet d’établir un lien avec l’organisation mentionnée. Il s’agit d’un contenu trompeur visant à collecter des données sensibles. Les internautes sont invités à faire preuve de vigilance et à vérifier les offres d’emploi uniquement via les canaux officiels des organisations concernées. Tolngar Jean Baptiste