Deux messages circulent dans les groupes WhatsApp en promettant des cadeaux pour célébrer un anniversaire : l’un mentionne Coca‑Cola et un iPhone 17 Pro Max (100ᵉ anniversaire de la marque), l’autre site Airtel Money et 20 000 FCFA offerts. Ils ressemblent à des promotions officielles : on y trouve un logo Coca‑Cola ou le nom d’Airtel, et un lien TinyURL pour « cliquer ici » et gagner. Mais il s’agit d’escroqueries trompeuses. Aucun site officiel (Coca‑Cola ou Airtel) ne propose ce genre de cadeau. Les deux messages partagent en réalité la même technique frauduleuse. Ces messages utilisent des liens raccourcis TinyURL qui masquent la vraie destination. En pratique, les deux TinyURL pointent vers le même site suspect (le domaine ilnsky.com). Cette adresse ne figure nulle part sur les sites officiels de Coca‑Cola ou d’Airtel, ce qui doit alerter. Notre enquête montre qu’ilnsky.com est un domaine tout récent (créé le 29/01/2026), et fait l’objet d’avertissements par les outils de sécurité en ligne. ScamAdviser lui attribue un score de confiance 0/100 (site “likely unsafe”), rappelant qu’il est très jeune et lié à un registrar souvent utilisé par des fraudeurs. ScamDoc confirme également qu’il a été enregistré « moins de 6 mois » auparavant et que son propriétaire est masqué, ce qui est typique des sites éphémères utilisés pour l’hameçonnage. Pour finir, Scamy signale ce domaine comme « Moderate Risk » : hébergé en Californie, créé récemment, et déjà « flagged » (signalé) par des services de sécurité. Tous ces signes indiquent qu’il ne faut surtout pas faire confiance à ce lien. Ces deux arnaques suivent le même schéma classique. Le procédé est viral et manipulatoire. Concrètement, voici le déroulé typique : En synthèse, le but de ces sites est purement criminel : collecter vos données personnelles et propager massivement l’arnaque. Il s’agit d’un mécanisme « viral » où chaque victime invitée aide le réseau d’escrocs à s’étendre. Ces liens ne rapportent rien aux véritables marques mentionnées (aucun iPhone n’est prévu, aucun franc CFA n’est déboursé) tout est factice. Ils existent pour deux raisons principales : Face à ces faux concours, voici quelques conseils : En conclusion, ces messages sont frauduleux. Les deux campagnes Coca-Cola et Airtel Money suivent le même scénario de phishing : de faux cadeaux, des liens raccourcis vers un site douteux (ilnsky.com) et la demande de partager pour gagner. Rien n’est offert vraiment – ces pages ne récoltent que vos informations et propagent l’arnaque. En cas de doute, rappelez-vous que ces marques n’organisent pas de jeu-concours via WhatsApp. Restez vigilant et vérifiez toujours les offres auprès des canaux officiels. Cette vérification des faits a été réalisée par SaoCheck et le studio hirondelle dans le cadre d’un projet avec le soutien de l’Union européenne qui vise à favoriser la cohésion sociale et la résilience des populations face à la désinformation et aux discours clivants au Tchad et dans le Sahel central..
FAUX: ce lien présenté comme portail de recrutement de l’UNICEF n’est pas officiel
Un message largement partagé dans plusieurs groupes WhatsApp affirme que le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) a ouvert un portail de recrutement pour les emplois 2025/2026 « dans tous les pays ». Le message invite les candidats à postuler via un lien présenté comme officiel : ilnsky.com/unicef. Cette annonce suscite beaucoup d’intérêt, notamment auprès des jeunes à la recherche d’opportunités professionnelles. SaoCheck et Studio hirondelle Tchad ont examiné ce message et l’ont trouvé faux. La confusion vient du fait que l’UNICEF recrute régulièrement du personnel à travers le monde. Toutefois, ces recrutements se font exclusivement via des plateformes officielles clairement identifiées et accessibles au public. Après vérification, nous avons constaté que le lien partagé dans le message WhatsApp ne correspond pas aux canaux officiels utilisés par l’organisation pour ses offres d’emploi. L’analyse du lien ilnsky.com/unicef montre qu’il ne s’agit pas d’un site institutionnel. L’adresse utilisée ne correspond pas au domaine officiel de l’UNICEF et ne présente aucun élément permettant de confirmer son authenticité. Les organisations internationales utilisent généralement leurs propres sites ou des portails reconnus pour leurs recrutements, et non des sites externes inconnus diffusés via des messages viraux. Pour mener cette vérification, nos équipes ont utilisé plusieurs outils d’analyse en ligne. Une recherche via WHOIS, un service qui permet d’identifier les informations d’enregistrement d’un site web, montre que le domaine est récent et que les informations sur son propriétaire sont masquées. L’outil ScamAdviser, qui évalue le niveau de fiabilité d’un site à partir de critères techniques comme son ancienneté et sa réputation, attribue à ce lien un faible score de confiance, ce qui indique un risque potentiel. Enfin, une simple vérification sur les plateformes officielles de l’UNICEF ne permet de retrouver aucune trace de ce portail, ce qui confirme que ce lien n’est pas utilisé par l’organisation. L’examen des procédures habituelles de recrutement de l’UNICEF permet de mieux comprendre cette incohérence. Les offres d’emploi sont publiées sur des plateformes officielles avec des descriptions détaillées des postes, des critères de sélection précis et des informations transparentes sur le processus de candidature. Ces annonces sont accessibles publiquement et ne nécessitent pas de passer par des liens diffusés de manière informelle sur WhatsApp. Dans ce contexte, le message circulant mélange une réalité – l’existence de recrutements réguliers au sein de l’UNICEF – avec un lien non officiel présenté comme portail de candidature. Ce procédé peut induire les internautes en erreur et les exposer à des sites dont l’objectif peut être de collecter des données personnelles ou de générer du trafic frauduleux. Conclusion : le message annonçant l’ouverture d’un portail de recrutement de l’UNICEF via le lien ilnsky.com/unicef est trompeur. Les recrutements de l’UNICEF existent, mais ce lien ne correspond à aucune plateforme officielle de l’organisation. Les internautes doivent se référer uniquement aux canaux officiels de l’UNICEF pour toute candidature et éviter de cliquer sur des liens inconnus partagés sur les réseaux sociaux. Cette vérification des faits a été réalisée par SaoCheck et le studio hirondelle dans le cadre d’un projet avec le soutien de l’Union européenne qui vise à favoriser la cohésion sociale et la résilience des populations face à la désinformation et aux discours clivants au Tchad et dans le Sahel central..
Trompeur : ce lien TinyURL présenté comme portail de recrutement de l’INSEED n’est pas le lien officiel
Un message largement partagé dans plusieurs groupes WhatsApp affirme que l’Institut National de la Statistique, des Études Économiques et Démographiques (INSEED) a lancé une campagne de recrutement pour préparer le prochain recensement national de la population et du logement. Le message invite les candidats à postuler via un lien présenté comme le « portail officiel » de recrutement : tinyurl.com/Inseed-Recrutement-2026. Cette annonce suscite beaucoup d’intérêt et est massivement relayée, notamment parce qu’un recrutement réel de l’INSEED est actuellement en cours. SaoCheck et le Studio hirondelle Tchad ont examiné ce message et l’ont trouvé trompeur. La confusion vient du fait que l’INSEED a effectivement lancé un recrutement dans le cadre de la Sixième Enquête sur les Conditions de Vie des Ménages (ECOSIT 6). Un avis officiel de recrutement circule sur les canaux de l’institution et précise les conditions de candidature, les profils recherchés et la procédure à suivre. Ce document officiel mentionne clairement que les candidatures doivent être déposées en ligne via un portail spécifique. Après vérification du document officiel, nous avons constaté que le lien indiqué pour déposer les candidatures est recrutement.inseedsurvey.com. Ce portail correspond à la plateforme utilisée pour la gestion des candidatures dans le cadre de cette enquête. En revanche, le lien TinyURL partagé dans le message WhatsApp ne correspond pas à cette adresse officielle. L’utilisation d’un lien raccourci constitue d’ailleurs un premier signal d’alerte. Les services comme TinyURL permettent de transformer une longue adresse web en un lien plus court. Ce type de lien masque l’adresse réelle du site vers lequel l’utilisateur est redirigé. Pour des procédures administratives importantes comme un recrutement public, les institutions utilisent généralement leurs propres sites ou des plateformes clairement identifiables, et non des liens raccourcis. L’examen de l’avis de recrutement officiel permet également de confirmer la procédure réelle. Le document comporte l’en-tête de la République du Tchad, la mention du Ministère des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération Internationale ainsi que celle de l’INSEED. Il présente en détail les tâches confiées aux agents enquêteurs, les qualifications requises, les pièces à fournir dans le dossier de candidature et la date limite de dépôt des dossiers. Le document indique aussi que les candidatures doivent être soumises en ligne via le portail officiel mentionné. Dans ce contexte, le message circulant sur WhatsApp mélange une information réelle l’existence d’un recrutement avec un lien différent présenté comme officiel. Ce procédé peut facilement induire les internautes en erreur et les amener à cliquer sur un lien dont l’origine n’est pas clairement identifiée. Conclusion : le recrutement annoncé par l’INSEED est bien réel, mais le lien TinyURL partagé dans les groupes WhatsApp n’est pas le portail officiel indiqué dans l’avis de recrutement. Les candidats doivent utiliser uniquement l’adresse mentionnée dans le document officiel de l’INSEED, et se méfier des liens raccourcis diffusés sur les réseaux sociaux. Denis NGARNDIGUINA
Lutte contre la désinformation : SaoCheck forme une trentaine de jeunes au fact checking à N’Djamena
Du 16 au 18 février, une formation intensive en fact checking et vérification des faits s’est tenue au sein de WenakLabs à N’Djamena. Organisée par SaoCheck, cette initiative visait à renforcer les capacités des professionnels des médias et des jeunes passionnés du numérique dans la lutte contre la désinformation. Pendant trois jours, une trentaine de journalistes, communicants, acteurs de la société civile et étudiants ont été outillés sur les mécanismes de manipulation de l’information et les techniques de vérification des contenus numériques. La formation s’est articulée sur 4 axes à savoir : Comprendre la désinformation : Mécanismes et enjeux, Découvrir les outils professionnels du fact-checking, Maitriser la méthodologie de Vérification des informations et Rédiger un article de fact-checking clair et structuré. Cette formation a vu la participation d’une trentaine des jeunes journalistes, communicants, acteurs de la société civile et même les étudiants qui ont eu à prendre part activement et qui en sont repartis avec des compétences concrètes en vérification de l’information. Selon Mahamoud Sabir, l’un des formateurs, il existe trois formes principales de fausses informations : la désinformation, la mésinformation et la malinformation. Il a insisté sur la nécessité de bien distinguer ces concepts afin de mieux analyser leurs causes et leurs intentions. Pour Denis NGARNDIGUINA, également formateur et responsable de SaoCheck, les fausses informations ont pour impacts : la menace à la cohésion sociale et aux droits de l’hommes, de l’impact sur les élections et la démocratie, la propagation de discours haineux et de violence en ligne et le risque accru pour les femmes et les groupes vulnérables entre autres. De son côté Succès DJIMTEBAYE a mis l’accent sur les bases du Fact-checking en expliquant que la vérification repose sur 3 piliers fondamentaux. Ces piliers sont accès sur les liens factices, les contenus usurpés et les contenus manipulés. Les participants ont eu à découvrir et expérimenté les outils de vérification des données numériques tels que : Invid weverify, Google Lens, photoforensics, Archive is, Whois et bien d’autres outils. Ces instruments permettent notamment d’analyser des images, retracer l’origine d’un site web ou vérifier l’authenticité d’un contenu viral. FOUBANE Jean, un des bénéficiaires de la formation qui faisait déjà dans le fact-checking médical, nous confiait que cette formation lui a permis de renforcer ses compétences avec l’utilisation d’outils techniques pour comprendre et maîtriser la vérification des faits. REMADJI Épiphanie quand à elle reconnaît que cette formation lui a permis de connaitre les différents types des fausses informations et de savoir vérifier et d’être sur d’une information avant de la partager. À l’issue de la formation, les bénéficiaires affirment etre mieux préparés à jouer un rôle actif dans la lutte contre les fake news et à agir comme des sentinelles de l’information responsable. Créée en 2019 par WenakLabs, SaoCheck est la première plateforme tchadienne dédiée à la lutte contre la désinformation et à l’éducation aux médias. À travers ce type d’initiative, l’organisation entend renforcer la capacité des citoyens à distinguer les informations vérifiées des rumeurs et contenus manipulés. Les participants ont salué la qualité des enseignements reçus et ont encouragé la multiplication de telles formations afin de toucher un plus grand nombre de jeunes à travers le pays. ALLADOUM Désiré
Faux : ces plateformes ne permettent pas de gagner jusqu’à 300 000 FCFA par jour
Depuis quelques semaines, plusieurs messages circulent dans des groupes WhatsApp affirmant qu’il est possible de gagner jusqu’à 300 000 FCFA par jour en cliquant sur des liens présentés comme des plateformes de gains en ligne, et affirment que les sommes seraient repérables via Airtel Money et en effectuant de simples tâches en ligne. Après vérification, toutes conduisent pourtant à une interface quasi identique, révélant l’existence d’un réseau de sites frauduleux. SaoCheck et le Studio Hirondelle Tchad ont analysé ces plateformes et conclu que cette promesse de gains est fausse. Les messages varient légèrement d’un groupe à l’autre, mais suivent le même schéma : un témoignage prétendument personnel (« J’ai déjà remporté 300 000 FCFA »), un lien présenté comme une opportunité urgente et l’assurance de retraits rapides. Cette diversité de liens, pointant vers des noms de domaine différents mais menant à la même interface, est une stratégie classique visant à contourner les signalements et à maintenir l’arnaque active même lorsqu’un site est bloqué. Pour comprendre l’origine de ces plateformes, SaoCheck et le Studio Hirondelle Tchad ont utilisé des outils d’analyse de domaines. L’outil WHOIS, qui permet d’identifier les informations d’enregistrement d’un site web (date de création, hébergeur, propriétaire), montre que ces domaines ont été créés à des intervalles très rapprochés. Les informations de propriété sont systématiquement masquées par des services d’anonymisation, empêchant d’identifier un responsable réel. Cette pratique est fréquente dans les réseaux d’escroquerie en ligne. SaoCheck et le Studio Hirondelle Tchad ont également utilisé ScamAdviser, un outil qui évalue la fiabilité d’un site web en se basant sur plusieurs critères techniques : ancienneté du domaine, localisation du serveur, réputation de l’hébergeur et transparence du propriétaire. Les sites analysés obtiennent des scores de confiance très faibles, ScamAdviser les classant comme potentiellement dangereux. Les raisons avancées incluent la création récente des domaines, l’anonymat total des propriétaires et l’utilisation d’infrastructures souvent associées à des sites frauduleux. Un autre outil, ScamDoc, qui analyse la crédibilité d’un site à partir de paramètres similaires, attribue également un niveau de confiance bas à ces plateformes. Là encore, les conclusions pointent vers un risque élevé d’arnaque, notamment en raison de l’absence de mentions légales, de contacts officiels et d’identité juridique claire. Sur le plan du fonctionnement, les sites promettent des gains en échange du visionnage de vidéos ou de clics répétés. Les montants affichés augmentent artificiellement, mais le retrait est bloqué tant que l’utilisateur n’atteint pas un seuil élevé, généralement 120 000 FCFA. Même après avoir atteint ce seuil, aucun paiement n’est effectué. Les plateformes affirment pourtant que les gains sont retirables via Airtel Money. Cette affirmation pose un problème technique majeur. À ce jour, Airtel Money au Tchad ne dispose pas d’une interface publique (API) permettant à des sites web inconnus d’envoyer automatiquement de l’argent aux utilisateurs. En pratique, ces plateformes n’ont aucun moyen crédible de réaliser les paiements qu’elles promettent, ce qui rend leur modèle irréalisable. Les témoignages recueillis renforcent cette conclusion. De nombreux internautes expliquent avoir rempli toutes les conditions exigées sans jamais recevoir le moindre paiement. Aucun cas documenté et vérifiable de retrait effectif n’a pu être confirmé. Ce décalage entre les promesses affichées et la réalité vécue par les utilisateurs est un indicateur fort de fraude. L’ensemble de ces éléments: multiplicité de liens menant à une même interface, création récente et coordonnée des domaines, mauvais scores de confiance, impossibilité technique des paiements et absence de preuves de gains réels démontre qu’il s’agit d’un système organisé, et non d’une opportunité légitime. Conclusion :Les sites qui promettent de gagner jusqu’à 300 000 FCFA par jour via des tâches simples en ligne sont frauduleux. Ils s’inscrivent dans un réseau de plateformes trompeuses conçu pour attirer les internautes, collecter leurs données et générer de l’activité sans jamais effectuer de paiement réel. Cette vérification des faits a été réalisée par SaoCheck et le studio hirondelle dans le cadre d’un projet avec le soutien de l’Union européenne qui vise à favoriser la cohésion sociale et la résilience des populations face à la désinformation et aux discours clivants au Tchad et dans le Sahel central..