Sur les réseaux sociaux, plusieurs pages partagent du contenu en affirmant que : « MOUSSA FAKI MAHAMAT insiste sans conditions sur la sanction du Tchad, sa position sans recul pèsera sur la décision du CPS de l’UA ». Certains évoquent une manipulation venant directement du Président de la Commission de l’Union Africaine. Avant le dialogue national inclusif et souverain (DNIS) Lors de sa 1016eme réunion tenue le 3 août 2021, sur le rapport de la Commission de l’UA sur l’avancement de la Transition politique au Tchad et le Mécanisme de soutien de l’UA (MSUA), dans son point 6, le Conseil de Paix et Sécurité déclare : « Réaffirmé l’appel lancé au Gouvernement de Transition pour qu’il respecte la période de 18 mois pour l’achèvement de la transition, et réaffirme que les membres du Conseil Militaire de Transition ne pourront pas être candidats aux élections à la fin de la Transition ». L’après Dialogue National Inclusif et Souverain Après la tenue du dialogue national inclusif et souverain (DNIS) au Tchad, les résolutions de ce dernier font l’objet de plusieurs critiques venant de certaines missions diplomatiques accréditées dans le pays, mais surtout de l’Union Africaine (UA) qui a exprimé ses inquiétudes par rapport aux résolutions, notamment sur l’éligibilité des militaires aux futures élections. La session extraordinaire du Conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine Le vendredi 11 novembre 2022, à Addis-Abeba s’est tenue une session extraordinaire du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine, pour décider du rapport produit par la Commission contre le pouvoir militaire au Tchad. Cette session a regroupé les quinze (15) membres qui composent cet organe. Mais après plus de deux heures (2h), le Conseil n’a pas trouvé de consensus, donc pas de sanctions évoquées. Une session extraordinaire qui a mis debout plusieurs tchadiens Lorsque la session a pris fin, la majorité des internautes tchadiens avaient réagi sur les réseaux sociaux, y compris le président de Transition qui s’est contenté d’une simple phrase « Dieu est grand ». Une publication qui a été repris à plusieurs reprises par les internautes tchadiens, laissant son farouche opposant le président du parti Les Transformateurs réagir également via son compte Facebook. La commission de l’union Africaine fait une mise au point sur sa session extraordinaire Par une mise au point rendue publique le 11 novembre 2022, le porte-parole du président de la Commission explique avec plus de précision ce qui s’est réellement passé lors de ladite session extraordinaire. Mais au-delà de tout ce qui se raconte sur les réseaux sociaux, Moussa Faki, peut-il personnellement suspendre le Tchad ? Comprendre le fonctionnement de la Commission de l’Union AfricaineSelon les textes de l’organisation continentale, la Commission de l’Union Africaine joue le rôle de secrétariat permanent. Elle dispose des fonctions exécutives. En effet, la mission de la Commission est d’être un moteur de l’intégration africaine et du processus de développement du continent en collaboration avec les États membres de l’Union, les Communautés économiques régionales et les citoyens africains. Les principes directeurs de l’action de la Commission sont la subsidiarité et la complémentarité envers l’ensemble des organes, institutions, Communautés Régionales et États membres de l’UA, la coordination et la coopération avec lesdites Communautés et la cohérence des politiques menées. Le rôle du Président de la Commission de l’Union Africaine. Le Président de la Commission de l’Union Africaine est le plus haut responsable, le représentant légal de l’Union Africaine et l’Ordonnateur principal du budget de la Commission. Il ou elle est directement responsable devant le Conseil Exécutif dans l’exercice de ses fonctions. Le président est élu par la Conférence pour un mandat de quatre ans, renouvelable une fois. L’élection se fait par vote secret et à la majorité des deux tiers des États membres ayant le droit de vote, c’est à dire les pays non suspendu par l’organisation. Le Conseil de Paix et Sécurité de l’Union Africaine Le Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) est l’organe décisionnel permanent de l’Union Africaine pour la prévention, la gestion et le règlement des conflits. Le CPS constitue un système de sécurité collective et d’alerte rapide, visant à permettre une réaction rapide et efficace aux situations de conflit et de crise en Afrique. Il constitue également le pilier central de l’Architecture Africaine de Paix et de Sécurité (APSA), qui est le cadre de la promotion de la paix, de la sécurité et de la stabilité sur le continent africain. Le CPS est constitué de 15 membres bénéficiant de droits de vote égaux. Pour plus d’équité, les 5 zones (Afrique de l’ouest, Central, Est, Australe et Nord) sont présentes par des places attribués d’avance. Tous les membres sont élus par le Conseil Exécutif et sont confirmés par la Conférence de l’UA lors de ses sessions ordinaires. Pour la continuité, cinq membres sont élus pour un mandat de trois ans et dix membres pour un mandat de deux ans. Les pouvoirs du CPS, conjointement avec le Président de la Commission de l’UA, consistent notamment à : •Anticiper et prévenir les différends et les conflits, ainsi que les politiques susceptibles de conduire à un génocide et à des crimes contre l’humanité ;•Exécuter des fonctions de rétablissement et de consolidation de la paix afin de résoudre les conflits là où ils se manifestent ;•Autoriser la mise en place et le déploiement de missions de paix et élaborer les directives pour la conduite de ces missions y compris leur mandat ;•Recommander à la Conférence, conformément à l’article 4 alinéa h de l’Acte constitutif de l’UA, une intervention, au nom de l’Union, dans un État membre dans le cas de circonstances graves, à savoir des crimes de guerre, un génocide et des crimes contre l’humanité tels que définis par les instances internationales pertinentes ;•Décider de sanctions chaque fois qu’un changement de gouvernement non conforme à la constitution a lieu dans un État membre ;•Mettre en œuvre la politique de défense commune de l’UA ;•Veiller à l’application des conventions et des instruments clés de lutte contre le terrorisme international… Que conclure ? En résumé,
Conflit à Kyabé : Attention, cette photo n’a rien à voir avec les événements
Vérification – Depuis quelques jours, un conflit meurtrier opposant des agriculteurs aux éleveurs s’est déclenché à Kyabé, dans la localité Mbarabé, département de Lac Iro, province du Moyen Chari. Ce conflit a causé plusieurs blésées évacués et quelques morts. Pour l’instant, aucun bilan officiel n’a pas été notifié par les autorités administratives. En effet, cette situation a frustré plusieurs personnes vivant au Tchad, particulièrement les internautes. Des nombreuses publications circulent sur les réseaux sociaux, notamment Facebook pour dénoncer ce qui se passe avec des photos qui heurtent la sensibilité. Cependant, il y a une image utilisée qui n’a rien à voir avec le conflit en cours dans cette localité du pays. L’image est lignée depuis le 11 février 202, montrant un homme tenant dans ses bras un bébé brulé. Les recherches d’images inversée de Google montrent que l’image a été utilisée dans plusieurs sites et n’a aucun rapport avec le conflit de Kyabé dans le Sud du Tchad. L’image a été publiée le 11 février 2021, sur le site du CENTRE DE RECHERCHE JURIDIQUE ET SUR LES DROITS HUMAINS. La photo a été utilisée dans un article faisant état d’un enfant brûlé vif à Batibo, lors d’un conflit armé qui a frappé la région du Nord-Ouest du Cameroun. Cette même image a fait l’objet d’une fausse information à Igangan, au Nigeria, d’où les internautes ont repartagé via un hashtag #June12Protest. Ce même tweet partageait une affiche avec une image graphique d’un bébé prétendument brûlé par les bandits à Igangan, dans l’État d’Oyo au Nigeria. Par ailleurs, il faut savoir que cette image a été tirée d’une vidéo de cet incident au Cameroun. Bien que retirée par Twitter, cette vidéo avait également été partagée sur Facebook le 12 février 2021. Que conclure ? L’image d’un bébé brûlé à Igangan, utilisée dans le conflit de Kyabé au Sud du Tchad est TROMPEUSE. Cet incident s’est produit à Batibo, au Cameroun, en 2021. Moussa Tahir Mahamat Abballah, rédacteur en chef adjoint et responsable en charge de la vérification des faits.