Un message suspect envahit les groupes WhatsApp depuis plusieurs mois, promettant des gigaoctets gratuits aux anciens clients de Tigo Chad. Mythe ou réalité ? Enquête. Voici le contenu du message : « FÉLICITATIONS À TOUS LES ANCIENS CLIENTS D’TIGO CHAD » TIGO CHAD offre des données gratuites à tous ANCIENNE CARTE SIM Dépêchez-vous maintenant et vérifiez si votre CARTE SIM TIGO CHAD est éligible à cette offre VÉRIFIER ICI👇🔗 offer-fest.info/tigochad.com À première vue, cette annonce semble être une offre promotionnelle classique. Cependant, plusieurs indices suggèrent qu’il s’agit d’une tentative de fraude… D’abord, un simple rappel historique suffit à semer le doute sur cette offre. Tigo a cessé d’exister en 2019 au Tchad, après son rachat par Moov Africa. Depuis, toutes les activités et offres de l’ancien opérateur sont gérées par Moov Africa. Si Tigo n’existe plus, comment pourrait-il proposer des gigaoctets gratuits ? Ensuite, l’offre invite les utilisateurs à cliquer sur un lien (“offer-fest.info/tigochad.com”) pour vérifier leur éligibilité. Plusieurs éléments posent problème : Attention ! Ce type de lien peut être conçu pour voler des données personnelles ou infecter les appareils avec des logiciels malveillants. Notons aussi que les opérateurs communiquent toujours leurs offres promotionnelles via des canaux officiels : Dans cette veine, nous avons vérifié ces sources : aucune annonce de ce type n’a été publiée. Moov Africa Chad a confirmé que cette promotion est totalement fausse. En outre, le message en lui-même présente des signes typiques d’une arnaque : Après vérification, cette offre est une arnaque. Elle repose sur l’usurpation de l’identité d’un ancien opérateur (Tigo Chad) et l’utilisation d’un lien frauduleux. Les utilisateurs qui cliquent risquent de compromettre leurs données personnelles. Pour se protéger des fraudes en ligne, il est essentiel d’adopter les bons réflexes : Cette annonce WhatsApp est une arnaque qui exploite l’ancienne marque Tigo pour attirer les internautes. Il s’agit d’une tentative de phishing destinée à voler des données personnelles. Nous recommandons à tous les utilisateurs de ne pas cliquer sur le lien et de prévenir leur entourage pour éviter qu’ils ne tombent dans le piège. Article rédigé par Remadji Homa Atchoumgué dans le cadre du Projet Jumelage des Initiatives Francophones pour la lutte contre les désordres de l’information, soutenu par l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).
Désinformation au Tchad : Quand les réseaux sociaux s’enflamment autour de l’artiste Klako
Au Tchad, les réseaux sociaux sont devenus une source d’information privilégiée pour une grande partie de la population. Avec plus de 1,68 millions d’utilisateurs actifs sur les réseaux sociaux en 2025 au Tchad, ces plateformes facilitent la diffusion rapide des informations, mais aussi des fausses nouvelles. Ce phénomène s’est illustré récemment avec l’affaire Klako, une artiste tchadienne très suivie sur TikTok, qui s’est retrouvée au cœur d’une vive controverse après la publication d’une vidéo simulant une agression à son domicile. La montée de la désinformation : un fléau numérique Les réseaux sociaux offrent une liberté d’expression inédite, mais ils sont également devenus un terrain fertile pour la propagation de rumeurs et de fausses informations. Dans un pays où l’accès aux médias traditionnels est parfois limité, Facebook, TikTok et WhatsApp sont souvent les premiers canaux d’information pour de nombreux citoyens. Cependant, l’absence de mécanismes de vérification systématique expose les utilisateurs à des contenus manipulés ou trompeurs, amplifiés par la viralité des plateformes. Le cas Klako : une mise en scène qui déclenche la polémique Le 2 février 2025, une vidéo postée sur la page Facebook de Klako la montre dans une mise en scène où elle semble être victime d’une agression à son domicile. Cette mise en scène a immédiatement suscité une vague d’indignation. Dans un contexte où les autorités tchadiennes tentent d’endiguer la montée des violences urbaines, cette vidéo a été perçue par certains comme une provocation, tandis que d’autres l’ont relayée sans chercher à en vérifier l’authenticité. La propagation de la rumeur et l’effet boule de neige Dès la publication de la vidéo, plusieurs comptes influents ont partagé l’information, amplifiant ainsi la confusion. Beaucoup de médias en lignes tchadiens, dont Alwihda Info, Tchad View Media, ont à leur tour relayé l’affaire l’information sans toujours prendre le temps de vérifier l’authenticité. En quelques heures, le sujet s’est hissé parmi les tendances sur Facebook et TikTok, attisant encore davantage les débats. Cependant, au fil des jours, des doutes ont émergé. C’est alors que le 10 février 2025, la Police Nationale du Tchad a finalement rétabli les faits en publiant un démenti officiel, accompagné d’un extrait vidéo dans lequel la principale concernée reconnaissait avoir orchestré la mise en scène et demandait publiquement pardon. “Klaklo Mouboula admet une fausse agression : une mise en scène révélée”Le 2 février 2025, l’artiste Klaklo Mouboula a simulé une agression pour attirer l’attention des autorités. Dans une lettre d’excuses adressée au service de sécurité publique du 7ᵉ arrondissement, elle a reconnu que l’incident était une mise en scène.” (Source : page Facebook de la Police du Tchad) Cet épisode illustre à quel point l’absence de vérification et la quête du sensationnel peuvent déformer la réalité et nourrir la désinformation. Conséquences sur la réputation et la sécurité Cette affaire a eu un impact direct sur la vie de Klako. En tant que figure publique, elle a reçu des menaces et subi une atteinte à sa réputation. De plus, certaines personnes ont appelé à des sanctions contre elle, ce qui pourrait lui causer des ennuis juridiques. L’affaire Klako illustre parfaitement comment une simple vidéo mal comprise peut avoir des répercussions graves sur la vie d’une personne. La responsabilité des utilisateurs des réseaux sociaux Cet épisode soulève une question cruciale : quel est le rôle des utilisateurs dans la lutte contre la désinformation ?Partager une information sans la vérifier contribue à propager de fausses nouvelles. Il est essentiel que les internautes adoptent des réflexes simples mais efficaces : Vers une meilleure éducation aux médias Pour limiter la propagation des fake news, des initiatives de sensibilisation doivent être mises en place. Des organisations comme Africa Check, Code For Africa ou des collectifs de journalistes tchadiens travaillent déjà à démystifier les fausses informations à travers SaoCheck. Encourager les jeunes à développer une pensée critique face aux contenus numériques est une nécessité pour lutter efficacement contre la désinformation. L’affaire Klako montre comment les réseaux sociaux, puissants outils de communication, peuvent également devenir des vecteurs de désinformation. Ce phénomène ne peut être freiné que par une prise de conscience collective et une meilleure éducation aux médias. Les réseaux sociaux ne sont pas seulement des canaux de diffusion de fake news : avec plus de vigilance et de responsabilité, ils peuvent devenir des instruments de vérité et de cohésion sociale. Article rédigé par Bienvenue Larissia Ngakoutou dans le cadre du Projet Jumelage des Initiatives Francophones pour la lutte contre les désordres de l’information, soutenu par l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).
CANULAR : Ce site prétendant offrir une subvention de 65 500 CFA du Président Mahamat Déby pour le Ramadan est une arnaque
Depuis quelques jours, un message viral circule sur WhatsApp, annonçant une subvention de 65 500 FCFA offerte par le Président Mahamat Déby, en partenariat avec le gouvernement, pour célébrer le Ramadan. Le message invite les citoyens à cliquer sur un lien, répondre à quelques questions et recevoir cette somme en guise de don. Cependant, après une vérification approfondie du site par SaoCheck, il a été confirmé qu’il s’agit d’une arnaque. La première alerte concerne les irrégularités sur la page d’accueil du site. Le nom du Président Mahamat Déby est mal orthographié, et le site affiche le logo d’une banque étrangère qui n’a pas de présence au Tchad. En effet, parmi les logos visibles sur le site, on trouve celui de la Banque Crédit Agricole, une institution qui ne possède aucune succursale au Tchad. De plus, le message viral affiche une photo du Président de la République du Tchad, le Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, avec un texte qui mentionne : « Les dons officiels en espèces du Ramadan de 65,500 CFA d’Mahamat Déby ». Ce type d’anachronisme est une autre preuve de l’intention frauduleuse derrière ce message. Le site propose aux utilisateurs de répondre à une série de questions, telles que : Une fois ces informations remplies, le message suivant apparaît : Puis, l’utilisateur doit sélectionner une boîte qui, soi-disant, contient le cadeau. Enfin, le site présente l’option « Commencer » pour finaliser le processus. En effectuant une recherche sur Google avec les mots-clés « Mahamat Idriss Déby subvention Ramadan 2025 », aucun résultat fiable n’a été trouvé concernant une telle initiative. Aucun communiqué officiel du gouvernement tchadien ni aucune source crédible n’appuie cette affirmation. Pour confirmer la nature frauduleuse du site, SaoCheck a effectué une analyse en utilisant l’outil WhoIS. Les résultats ont révélé que le site n’appartient pas au Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno. Voici le lien de son site officiel est: https://mahamatidrissdeby.td. Aussi, le site est enregistré sous NAMECHEAP INC et a été créé le 27 février 2025, ce qui est extrêmement suspect. Le site est hébergé sous DNS1.REGISTRAR-SERVERS.COM, un service d’hébergement peu fiable, comme le montre la capture d’écran ci-dessous. Une autre analyse, réalisée avec l’outil Sucuri, a révélé que le site est infecté par un logiciel malveillant, ce qui le rend particulièrement dangereux pour les utilisateurs. En remplissant ces formulaires, vous vous exposez à un vol de coordonnées bancaires ou de numéros de téléphone, au piratage de comptes WhatsApp et Mobile Money, ainsi qu’à des usurpations d’identité pour des fraudes futures. En 2023, une arnaque similaire au Cameroun a permis à des cybercriminels de vider les comptes bancaires de plusieurs victimes après avoir récupéré leurs données personnelles.SaoCheck a donc conclu que ce site proposant une subvention de 65 500 CFA du Président Mahamat Déby pour le Ramadan 2025 est un canular. Nous encourageons vivement les utilisateurs à ne pas divulguer leurs informations personnelles sur ce type de site et à signaler toute tentative d’escroquerie. Cette vérification des faits et la rédaction de cet article ont été réalisées par Succès Djimtebaye.
CANULAR : Ce site prétendant être la plateforme de recrutement de l’INSEED est frauduleux
Le responsable de communication de l’Institut National de la Statistique, des Études Économiques et Démographiques (INSEED) a confirmé qu’aucun recrutement n’est en cours et que cette annonce est fausse. Un message viral circule sur les groupes WhatsApp annonçant un supposé recrutement par l’INSEED pour le recensement général de la population et de l’habitat de 2025. Ce message invite les candidats intéressés à soumettre leur candidature via un lien raccourci. Ce site web prétendant être celui du portail de recrutement de l’INSEED est un CANULAR. Le post affiche le logo de l’INSEED et prétend recruter de nouveaux agents pour le prochain Recensement Général de la Population et de l’Habitat. Il propose un formulaire invitant les candidats à soumettre leurs informations personnelles. SaoCheck a mené une vérification approfondie du site et a déterminé qu’il s’agit d’un canular. En remplissant le formulaire requis, nous avons fourni des informations fictives, telles que le nom, le numéro de téléphone, l’adresse e-mail, la date de naissance et le genre, comme indiqué dans le formulaire. Après cette étape, une invitation à partager l’offre avec 5 groupes ou 15 contacts sur WhatsApp a été proposée, suivie de l’option « soumettre » pour finaliser le processus. Une recherche sur Google avec les mots-clés « INSEED recrute des agents recenseurs » n’a abouti à aucun résultat fiable. SaoCheck a joint par téléphone Senoussi Youssouf Hassan, Chef de la Cellule de Communication, des Relations Publiques et du Marketing de l’INSEED, qui a précisé : « Il s’agit d’un faux site web, probablement conçu pour escroquer la population. Nous appelons à la prudence et à la vigilance… » Senoussi a relayé le démenti officiel de l’INSEED, qui a publié la déclaration suivante : SaoCheck a également analysé l’enregistrement du site web à l’aide de l’outil WhoIS. Les résultats indiquent que le site n’appartient pas à l’INSEED, mais est enregistré sous MarkMonitor Inc. et hébergé par GitHub.io, comme l’illustre la capture d’écran ci-après : Ce site opère selon le même schéma que de nombreux autres spécialisés dans les escroqueries par hameçonnage déjà exposées par des organisations de fact-checking comme PesaCheck. L’INSEED est chargé de coordonner techniquement les activités du Système Statistique National et de produire, analyser et diffuser des données statistiques essentielles pour le gouvernement, les administrations publiques, le secteur privé, les partenaires au développement et le grand public au Tchad. SaoCheck a analysé ce site présenté comme le portail de recrutement de l’Institut National de la Statistique, des Études Économiques et Démographiques (INSEED) et a conclu qu’il s’agit d’un CANULAR. Cette vérification des faits et la rédaction de l’article ont été réalisées par Succès Djimtebaye.
L’IA, nouvel outil de désinformation ?
L’Intelligence Artificielle (IA) est désormais omniprésente, englobant des technologies allant de l’automatisation basique à des systèmes avancés capables d’apprentissage et d’adaptation. Comment cet outil, conçu pour améliorer nos vies, peut-il aussi nourrir et diffuser des théories du complot ? Pourquoi suscite-t-il à la fois fascination et méfiance ? Et surtout, comment peut-il, dans certains cas, devenir un allié dans la lutte contre la désinformation ? TikTok : terrain fertile pour les théories du complot « La Terre est plus grande que ce qu’on tente de nous faire croire. Le débat sur la forme de la terre ronde ou plate fait rage. Certains avancent même l’hypothèse d’une conspiration. Et s’il n’y avait pas que sept continents sur terre, Et si l’antarctique n’était qu’un gigantesque mur de glace qui dissimule l’existence d’autres continents inconnus au-delà. Imaginez que vous vous aventurez au-delà de ces barrières de glace et que vous découvrez non pas sept, mais vingt continents cachés ? » Ce texte est un extrait d’une vidéo TikTok avec la description : « La terre est plus grande que ce qu’on tente de te faire croire ». Il suffit d’aller sur tik tok et saisir ‘’Théorie du complot’’ et vous aurez un mur de vidéos qui vous sont suggérées, et qui sont pour la plupart d’entre elles, basées sur le même principe : Une vidéo générée par l’IA. Ce compte dont nous venons de voir la transcription d’un extrait de vidéo est un compte assez important qui a plus de 360 000 abonnés avec 3,1 millions de likes et produit des vidéos de manière presque industrielle basées sur des théories du complot. Nous pouvons donc voir ici que nous sommes sur l’exploitation ou la saturation si vous voulez, d’un créneau de thèmes de théories du complot. Compte tenu de l’échelle et du volume de la production, il parvient à obtenir un public qu’il peut clairement monétiser. C’est donc un phénomène réel que nous voyons se répandre sur TikTok et sur d’autres réseaux sociaux. L’effet de ciseaux : quand la vérité devient plus coûteuse que le mensonge En plus d’évoquer cette notion de business, d’IA et de désinformation, il faut parler de cet effet ciseaux que nous avons entre d’une part, l’augmentation des coûts liés à la vérification des faits. Le journalisme de qualité coûte cher surtout dans un contexte où la presse classique traverse une crise structurelle étant donné la concurrence déloyale que les plateformes livrent et qui de plus, maintiennent l’illusion que l’information est libre parce qu’elle est accessible. En réalité, il s’agit d’un système de vampirisation du journalisme par les plateformes des médias sociaux. D’autre part, un effondrement des coûts de production du faux, de la désinformation, des fausses nouvelles. Et donc cet effet de ciseau joue en faveur de la propagande, de la théorie du complot et de la désinformation. La modération en péril : les plateformes face à leurs responsabilités Il faut aussi souligner que toute cette confusion de l’information produite par ces générations d’IA, surtout celles qui nourrissent les théories du complot, augmente leurs terreurs naturelles de multiplication et de viralisation et se propagent rapidement. C’est vraiment le vecteur des réseaux sociaux qui accélère la visibilité ou la plaque de visibilité de tous ces contenus conspiratifs générés par l’IA. Cependant, il s’avère que comme nous l’avons vu ces derniers mois, les plateformes sociales réduisent considérablement la modération. Et donc c’est une occasion folle pour ces contenus générés par les théoriciens de la conspiration. Il est clair qu’ils vivent aujourd’hui leurs meilleurs jours. Il y a un vrai business de contenu purement divertissant, totalement fictif sur TikTok par exemple. Certains peuvent être pris au premier degré. Exemple avec Redazere en 2024. Redazere : quand l’IA amplifie les théories du complot « Le mystère des pyramides, comment ont-ils pu la construire quand ils n’avaient pas de technologie ? Voilà frérot, des géants. Nous on sait que dans le Coran, des géants ont été mentionnés… J’étais sûr, ma théorie avait du sens, Dieu sait. Mais comment l’ont-ils fait ? C’est comme ça qu’ils l’ont fait. Cette vidéo est incroyable. Les géants… Les géants existaient. Oui, monsieur. Il est écrit dans le Coran. Des êtres super grands. Il y a ceux qui ont déplacé des blocs. Eh bien, c’est de l’IA mais cela confirme ma théorie. » Redazere de son vrai nom, Reda El Mory dans cette vidéo, estime que des géants ont construit les pyramides d’Égypte. Il s’agit d’un influenceur algérien qui vit au Québec et qui accumule près de 4 millions d’abonnés sur TikTok avec des vidéos qui dépassent les 5 millions de vues. Et à plusieurs reprises, il s’engage dans la conspiration. Nous avons donc affaire à un véritable influenceur Tik Tok. Ce que nous trouvons intéressant ici avec cette séquence, c’est qu’on le voit rebondir sur une vidéo qui montre des géants déplaçant d’énormes pierres pour construire les pyramides. Et nous pouvons voir qu’il utilise ce support généré par l’IA pour confirmer son parti pris de conspiration. Il est conscient qu’il s’agit d’une image qui est générée par IA parce qu’ évidemment, il n’y avait pas de vidéo au moment des pyramides. Dans ce cas, l’IA devient un support pour illustrer, pour confirmer, une fois de plus, son parti pris conspiratif. Pourquoi donc cette production du faux existe-t-elle ? Et à quoi sert-elle ? Le pouvoir de l’image : l’émotion au service de la désinformation Comme saint Thomas, on croit en ce qu’on veut croire… L’image joue ici une fonction de renforcement de la croyance, facilite une confirmation de la croyance, comble un vide là où l’image réelle, la photographie, le film est absent. Jusqu’à présent, c’était l’industrie cinématographique, le monde de l’art qui assurait cette fonction sociale, incluant des images ultra réalistes, que nous avons du mal à distinguer des photos réelles. Maintenant si nous voulons voir des extraterrestres ou soucoupes volantes ou géants, si nous voulons voir une carte de l’île de l’Antarctique figée par le temps, il faut juste quelques secondes à peine et