Une publication Facebook de la page Afrique Unie, est reprise dans plusieurs groupes, prétendant montrer un communiqué officiel, selon lequel, l’ambassade de France au Tchad a « suspendu la délivrance de tous les visas non immigrants » à compter du 1er août 2025 et ce « jusqu’à nouvel ordre ». Sao Check a examiné la publication et l’a trouvée fausse. Une recherche de mots clés « suspension de la demande des visas français au Tchad » dans le moteur de recherche français Yahoo n’a pas montré la moindre trace d’une telle information. Aucune dépêche des agences de presse ni communiqué du ministère français des Affaires étrangères n’indique une suspension de visa. De plus, une visite du site internet ainsi que la page Facebook officielle de l’ambassade de France au Tchad ne montre aucune annonce de suspension. Le portail France-Visas, qui centralise toutes les informations sur la politique de visas de la France, ne fait pas mention d’une telle mesure. L’ambassade de France au Tchad a publié un démenti officiel le 30 juillet 2025, indiquant que : « Ce communiqué, qui usurpe les couleurs de la France, est un faux grossier destiné à induire les Tchadiens en erreur ». Elle rappelle aussi que « la délivrance de visas s’effectue normalement, selon les procédures habituelles ». Par ailleurs, en observant de près le visuel qui circule, plusieurs éléments suspects apparaissent. Le texte contient des fautes d’orthographe et des caractères inhabituels (« l’@mbassade », « sus;pend »…), une technique souvent utilisée pour contourner les filtres automatiques de Facebook. Le communiqué ne comporte ni entête officielle, ni signature, ni coordonnées diplomatiques, autant d’éléments pourtant indispensables à un vrai communiqué. Conclusion: cette publication qui prétend que l’ambassade de France au Tchad a suspendu la délivrance des visas, est FAUSSE. Cette vérification des faits a été réalisée par SaoCheck dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Elle a été produite grâce au mentorat de l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, PesaCheck, et au soutien financier de la Digital Democracy Initiative dans le cadre du projet Digitalise Youth mené par le Partenariat européen pour la démocratie (EPD). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La décision éditoriale reste du ressort de SaoCheck. Pour en savoir plus, rendez-vous sur : https://fr.factcheck.africa/
PARTIELLEMENT FAUX : Cette image ne montre pas un drone Akinci à Nakambé, au Burkina Faso
L’image prise en 2020 en Turquie met en évidence un système de reconnaissance du drone Bayraktar. Cette publication Facebook accompagnée d’une image prétendant montrer un drone Akinci à dans la région de Nakambé, au Burkina Faso, est PARTIELLEMENT FAUSSE. La publication, datant du 4 juillet 2025, dit ceci : « Dans la région de Nakambé, l’œil vigilant de Akinci a verrouillé des cibles aujourd’hui. Les détonations étaient attendues à des dizaines de kilomètres. Un bravo à l’armée de l’air en attendant le bilan de bienvenu Taonsa (sic) ». L’image montre un dispositif d’un appareil ressemblant à un avion. Une publication similaire a été partagée ici. PesaCheck a vérifié le post et l’a trouvé partiellement faux. Une recherche d’images inversées avec l’outil Bing a mis en évidence cet article publié le 19 avril 2021, avec ce titre : « Les drones turcs continuent de se multiplier et font sensation dans le monde entier ». La légende indique que l’image a été prise le 6 novembre 2020, en Turquie, et qu’elle montre un drone Bayraktar TB2. La même recherche a montré cet article mis en ligne le 9 novembre 2020. Ledit article fait comprendre que l’image a été faite le 6 novembre 2020 au Nord-ouest de la Turquie. La légende spécifie qu’il s’agit d’un drone Bayraktar TBR équipé du système de reconnaissance, de surveillance et de ciblage électro-optique CATS d’Aselsan. L’information est corroborée ici et ici. Une recherche Google avec les mots-clés « Dans la région du Nakambé, Akinci a verrouillé des cibles » n’a pas pu trouvé du contenu permettant de corroborer cette affirmation. Le Burkina Faso a acquis des drones Akinci avec lesquels l’armée lutte contre le terrorisme. PesaCheck a analysé un post Facebook prétendant montrer un drone Akinci verrouillant des cibles dans le Nakambé, au Burkina Faso, et l’a trouvé PARTIELLEMENT FAUX. *** Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux. Cette vérification de faits a été rédigée par le fact-checker Françoise Dembélé et éditée par Nicole Ricci Minyem, éditrice d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par la rédactrice en chef à PesaCheck, Doreen Wainainah. *** Cet article a été publié à l’origine sur PesaCheck. Il est reproduit sur SaoCheck dans le cadre du programme d’incubation de Code for Africa, sans aucune modification du contenu original.
CONTEXTE MANQUANT : Cette vidéo de manifestations au Togo ne date pas de 2025
Les images montrent des manifestations de l’opposition réprimées au Togo en 2017. Ce post TikTok prétendant montrer une manifestation de citoyens togolais exigeant le départ du Président Faure Gnassingbé en juin 2025 relève du CONTEXTE MANQUANT. La publication, datant du 8 juin 2025, annonce : « Aujourd’hui à Lomé, le peuple est très en colère. Le peuple décide qu’ils ne veulent plus de Faure. La colère des citoyens (sic) ». La vidéo, d’une durée de 1 minute et 5 secondes, montre des scènes d’affrontements entre manifestants et forces de l’ordre. Des images défilantes montrent des manifestants marchant et chantant : « Nous sommes fatigués. Nous, on ne veut plus de Faure. Il n’a qu’à partir. Ils ont des armes, ils ont du gaz lacrymogène, nous on a que des pierres (…) ». PesaCheck a examiné le post et a trouvé qu’il relève du contexte manquant. Une recherche d’images inversées avec Yandex a fait découvrir cette vidéopubliée le 19 octobre 2017 sur la chaîne YouTube de TV5 Monde avec la légende suivante : « Togo : à Lomé et Sokodé, contre Gnassingbé, les manifestants ne lâchent rien ». La même vidéo a été reprise sur le site Web de 360 Ava French le 19 octobre 2017. Une recherche Google avec les mots-clés « Manifestation à Lomé et à Sokodé contre Gnassingbé » a fait découvrir cet article mise en ligne par TV5 Mondele 19 octobre 2017. L’article relève qu’il s’agit d’un face-à-face tendu entre l’opposition et le pouvoir dans les rues de Lomé, la capitale et de Sokodé. L’information est corroborée ici. Le 6 juin 2025, au Togo, des jeunes ont protesté contre le régime de Faure Gnassingbé. Les manifestations ont été dispersées par les forces de l’ordre. PesaCheck a passé en revue un post TikTok prétendant montrer des manifestations récentes au Togo en juin 2025 et a trouvé qu’il relève du CONTEXTE MANQUANT. *** Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux. Cette vérification de faits a été rédigée par le fact-checker Françoise Dembélé et éditée par Josaphat Finogbé, éditrice d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par la rédactrice en chef à PesaCheck, Doreen Wainainah. *** Cet article a été publié à l’origine sur PesaCheck. Il est reproduit sur SaoCheck dans le cadre du programme d’incubation de Code for Africa, sans aucune modification du contenu original.
CONTEXTE MANQUANT : Cette photo des migrants expulsés de l’Algérie ne date pas de 2025
La photo a été prise en mars 2023, dans la ville nigérienne d’Assamaka. Ce post Facebook avec une image prétendant montrer des migrants expulsés d’Algérie en avril 2025 relève du CONTEXTE MANQUANT. Dans la publication faite le 22 avril 2025, le post met en évidence deux images. La première montre une multitude de personnes assises sur un sol sablonneux et alignées en file indienne tandis que la deuxième présente des montages photographiques du Président de la transition du Mali, le Général d’armée Assimi Goïta, et de son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune. Ce texte accompagne les images : « Afflux massif de migrants expulsés d’Algérie à Assamaka : Un melting-pot de détresses dans le désert nigérien. Un convoi de camions transportant 1 141 migrants expulsés d’Algérie a atteint, samedi 19 avril, le Point Zéro d’Assamaka, localité nigérienne frontalière. Selon des sources locales non confirmées officiellement, ce groupe hétérogène comprend 41 femmes, 7 filles et 5 garçons, originaires de pays africains et asiatiques (…) Un melting-pot de détresses qui interpelle. La diversité des nationalités reflète l’ampleur géographique d’une crise migratoire que l’Algérie gère par des expulsions massives vers le Niger, pays pourtant non destinataire initial de ces flux. Parmi les expulsés figurent : — 347 Guinéens dont 14 femmes et 8 enfants — 287 Maliens dont 6 femmes et 2 enfants — 87 Ivoiriens — 70 Béninois, 54 Burkinabés, ou encore 50 Somaliens dont 16 femmes (…) ». PesaCheck a vérifié le post et a trouvé qu’il relève d’un contexte manquant. Une recherche d’images inversées sur Bing a été utilisée pour contextualiser la première photo, qui montre des personnes assises au sol. On la retrouve dans cet article publié le 16 mai 2023 par Médecins Sans Frontières pour indiquer qu’il s’agit de milliers de migrants expulsés d’Algérie et abandonnés dans le désert du nord du Niger, sans accès à un abri, à des soins de santé, à une protection ou aux produits de première nécessité. La photo sert d’illustration à cet autre article du média espagnol Europapress.es rapportant que plusieurs migrants abandonnés dans le désert du nord du Niger, après avoir été expulsés par l’Algérie, se trouvent désormais dans la ville d’Assamaka sans abri ni soins médicaux. L’information est corroborée ici. La deuxième photo représentant les Présidents Goïta et Tebboune est présente cet article mis en ligne le 26 janvier 2024 par Lebrief Afrique, avec ce titre : « Mali : l’accord d’Alger vole en éclats ». Le 19 avril 2025, l’Algérie a expulsé au moins 1 140 migrants dans le désert, selon le collectif nigérien Alarme Phone Sahara, engagé dans l’assistance humanitaire aux migrants sur les routes sahariennes. Ces personnes ont été abandonnées dans une zone aride, sans accompagnement, et confrontées à des conditions climatiques extrêmes, notamment de fortes chaleurs, mettant leur sécurité en péril. Cependant, aucune des photos n’est identique à celle qui a entraîné cette vérification. PesaCheck a vérifié une publication Facebook avec une image prétendant montrer des migrants expulsés d’Algérie en avril 2025 et a conclu qu’elle relève du CONTEXTE MANQUANT. *** Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux. Cette vérification de faits a été rédigée par le fact-checker Mamady Kebe et éditée par Nicole Ricci Minyem, éditrice d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par la rédactrice en chef à PesaCheck, Doreen Wainainah. *** Cet article a été publié à l’origine sur PesaCheck. Il est reproduit sur SaoCheck dans le cadre du programme d’incubation de Code for Africa, sans aucune modification du contenu original.
Attention à la désinformation sur Facebook : de faux témoignages de guérison du VIH et l’utilisation détournée d’images
Un message devenu viral dans beaucoup de groupes facebook affirme qu’une dénommée Angelina Josiane, vivant en Allemagne, aurait obtenu une guérison miraculeuse du VIH grâce à des produits naturels recommandés par un certain « docteur prophète Gérôme ». Le message utilise un style émotionnel intense pour raconter un parcours de maladie, désespoir et rétablissement en s’appuyant sur des émojis et un récit personnel puissant. Les publications de ce genre poussent les individus vulnérables à accepter des traitements miraculeux sans fondement scientifique, créant ainsi un danger majeur de désinformation. Analyse de la publication L’histoire décrit comment, suite à de nombreuses années de traitements médicaux sans succès, l’existence de l’auteure aurait changé grâce à un supposé remède naturel. Elle parle d’une métamorphose physique radicale et évoque l’éventualité d’une guérison prodigieuse. Cependant, plusieurs aspects soulèvent des questions : la structure du récit, l’utilisation fréquente d’émojis pour accentuer le caractère émotionnel, ainsi que l’existence d’un lien direct vers un groupe WhatsApp pour joindre le « docteur prophète Gérôme ». La méthode employée s’inscrit dans un modèle récurrent de désinformation : utilisation de témoignages individuels non confirmés, proclamation de résultats hors du commun et usage de moyens de communication non officiels. Vérification des images et du contenu visuel Un des aspects les plus alarmants de ce document est l’emploi d’images qui, d’après nos recherches, sont issues d’un contexte médical tout à fait différent. Effectivement, l’une des photos montrées provient de cas de variole du singe (mpox), qui est une maladie différente du VIH. Ces images ont été décontextualisées pour donner du crédit aux assertions présentes dans le texte. Des outils comme la recherche d’images inversée de Google confirment que ces images ont déjà servi à représenter la variole du singe dans diverses autres publications. Il faut souligner qu’à l’heure actuelle, aucun traitement ou remède prodigieux n’est connu pour soigner le VIH. Malgré leur efficacité à maîtriser le virus, les thérapies antirétrovirales ne peuvent pas guérir une personne atteinte du VIH. Les autorités de santé, tant au niveau local qu’international, préviennent contre les promesses fallacieuses et les traitements non validés qui pourraient avoir des effets dévastateurs, aussi bien sur le plan médical que psychologique pour les individus concernés. La publication anonyme : un vecteur de désinformation L’annonce a été faite de manière anonyme sur un groupe Facebook. Cette fonctionnalité offre aux utilisateurs la possibilité de diffuser du contenu sans exposer leur identité. Bien que l’anonymat puisse favoriser le partage d’expériences privées délicates, il peut également être utilisé par des individus malveillants pour propager des informations fallacieuses sans se faire repérer. Dans ce cadre, le manque de clarté concernant l’auteur complique davantage la vérification des faits et met en évidence le besoin pressant d’une modération accrue dans ces espaces numériques. Cette publication est un cas typique de désinformation utilisant des faux témoignages, des images manipulées et l’anonymat pour tromper. Elle met en évidence comment des contenus non validés peuvent se diffuser et créer de fausses attentes chez des individus fragiles. Il est essentiel que le public s’adresse à des sources dignes de confiance, comme les professionnels de santé et les institutions établies, pour recevoir des informations et des traitements sûrs. Le combat contre cette forme de désinformation requiert une validation stricte des faits et une éducation renforcée sur les risques des traitements non scientifiquement approuvés. Article rédigé par Denis NGARNDIGUINA