Il s’agit d’une opération de sauvetage au Sultanat d’Oman en 2024. Cette vérification de faits a été rédigée par le fact-checker Françoise Dembélé et éditée par Josaphat Finogbé, éditeur d’articles à PesaCheck. La publication de cet article a été approuvée par le rédacteur en chef de PesaCheck, Stephen Ndegwa. Cet article a été publié à l’origine sur PesaCheck. Il est reproduit sur SaoCheck dans le cadre du programme d’incubation de Code for Africa, sans aucune modification du contenu original.
Faux : Le Ministère des Finances du Tchad ne propose pas d’investissements en cryptomonnaie
La publication Facebook prétendant montrer un communiqué du Ministère de l’économie, des finances et du budget du Tchad qui annonce l’ouverture officielle des sessions d’investissements en cryptomonnaie est FAUSSE. La publication relaie deux documents datés du 21 juillet 2025 frappé d’un sceau attribué au ministre des Finances et du Budget. Le premier annonce « l’ouverture officielle des sessions d’investissement en cryptomonnaie » et invite les citoyens à transmettre une photo de leur pièce d’identité ainsi que leur numéro de téléphone via WhatsApp au +235 63 00 31 30. Le second document, présenté en annexe, détaille différents paliers d’investissement en promettant des rendements spectaculaires : les sommes seraient multipliées par plus de cinq en seulement deux heures et demie. À titre d’exemple, un dépôt de 150 000 FCFA rapporterait, selon le tableau, 910 000 FCFA après deux heures. La légende de la publication encourage enfin les Tchadiens à « profiter de cette initiative » et à « contribuer à l’amélioration de l’économie nationale ». Sao Check a examiné cette publication et l’a trouvée fausse. Une recherche sur le site officiel du Ministère des Finances et du Budget du Tchad ainsi que sur ses canaux de communication officiels ne montre aucune trace d’un tel programme. Au contraire, le 19 juillet 2025, le Ministère a publié un communiqué de presse dénonçant ces faux documents et rappelant qu’ils n’émanent « d’aucune structure officielle ». Le directeur de la communication du ministère, Adam Abakar Kayaye, a confirmé que cette campagne est « une escroquerie visant à soutirer des données personnelles et de l’argent aux citoyens » . Des institutions financières locales comme Ecobank Tchad a publié des démentis. Ecobank Tchad précise ne proposer aucun investissement en cryptomonnaie via WhatsApp et n’avoir aucun partenariat avec le ministère. L’examen attentif du document révèle plusieurs incohérences linguistiques et stylistiques qui mettent en doute son authenticité. À la ligne 7, par exemple, on peut lire : « une équipe d’experts en cryptomonnaies Tchadienne et Américains ». Cette formulation est grammaticalement incorrecte : l’adjectif devrait s’accorder avec experts et s’écrire « tchadiens et américains ». On remarque également l’usage inapproprié de majuscules pour des adjectifs de nationalité (Tchadienne, Américains), alors que la règle en français impose la minuscule. De plus, certaines phrases sont mal ponctuées et donnent un style brouillon, loin du langage administratif habituellement utilisé par un ministère. La mise en forme elle-même est suspecte : la police de caractères n’est pas homogène et certains passages semblent copiés-collés. Enfin, l’analyse par l’outil FotoForensics met en évidence que le cachet n’a pas été apposé directement mais ajouté numériquement, avec des zones de compression différentes du reste du texte. L’absence d’une signature manuscrite ou d’une signature électronique officielle achève de confirmer le caractère non sérieux de ce document. Pour rappel, les promesses de rendement multipliant par 5 ou 6 un investissement en moins de 3 heures sont caractéristiques d’arnaques de type « Ponzi », déjà observées ailleurs en Afrique de l’Ouest. Conclusion: Cette publication attribuant au Ministère des Finances du Tchad une campagne d’investissement en cryptomonnaie est fausse. Le gouvernement tchadien et plusieurs banques locales ont démenti toute implication, appelant les citoyens à la vigilance et à ne pas transmettre d’informations personnelles via WhatsApp. *** Cette vérification des faits a été réalisée par SaoCheck dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Elle a été produite grâce au mentorat de l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, PesaCheck, et au soutien financier de la Digital Democracy Initiative dans le cadre du projet Digitalise Youth mené par le Partenariat européen pour la démocratie (EPD). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La décision éditoriale reste du ressort de SaoCheck. Pour en savoir plus, rendez-vous sur : https://fr.factcheck.africa/
FAUX : Ces images ne montrent pas une exploitation clandestine de pétrole à N’Gouri, au Tchad
Ce post Facebook montrant une scène d’exploitation illégale de pétrole brut à environ 30 km de N’Gouri, dans la province du Lac au Tchad est FAUX. La publication datant du 8 juin 2025 montre des véhicules citernes avec des hommes en uniforme avec des casques de sécurité en train de travailler dans un espace désertique. Ces hommes tiennent dans leurs mains des appareils reliés à des tuyaux qui traînent au sol. La légende accompagnant la publication affirme ceci : « Urgent : Exploitation clandestine de pétrole à 30 km de N’Gouri. À qui de droit. Nous, Plate-forme Associative Grand Kanem, portons à votre connaissance une situation grave et urgente : À seulement 30 km de la ville de N’gouri, un groupe d’individus non identifiés mène actuellement une exploitation illégale de pétrole brut utilisant un camion-citerne pour extraire et transporter cette ressource nationale de manière illégale! Cette activité clandestine représente : Un pillage des richesses nationales privant l’État de revenus légitimes (…) ». Sao Check a examiné cette publication et l’a trouvée fausse. Une recherche sur le moteur de recherche Yahoo avec les mots-clés « exploitation clandestine pétrole N’Gouri Tchad 2025 », renvoie à plusieurs articles de presse, dont Tchadinfos et TribuneEchos. Tous confirment que la Société des Hydrocarbures du Tchad (SHT) a démenti ces rumeurs. La SHT a précisé qu’« il ne s’agit nullement d’une activité d’exploitation, encore moins clandestine », mais d’une opération technique de maintenance sur le pipeline Sidigui–Djarmaya. Cette procédure, appelée « purge technique », consiste à nettoyer les conduits et à évacuer les résidus de brut stagnants afin d’éviter les fuites accidentelles dans l’environnement. Selon l’Encyclopédie de sécurité et de santé au travail, la technique de purge des hydrocarbures ou de nettoyage de conduites ou réservoirs pour évacuer les résidus d’hydrocarbures dans le cadre de leur exploitation en milieu désertique s’inscrit dans les méthodes de récupération assistée ou secondaire utilisées pour maximiser l’extraction du pétrole et du gaz naturel. Voici les principales pratiques confirmées, avec sources officielles : Une visite des canaux officiels de la SHT, site officiel et page facebook (communiqués relayés par la presse) confirme cette explication. La société insiste sur le fait que ces interventions sont normales, planifiées, et réalisées « avec rigueur et transparence », en prenant en compte la sécurité des populations riveraines. En résumé, la publication prétendant montrer une exploitation pétrolière clandestine près de N’Gouri est fausse. Il s’agit en réalité d’une opération de maintenance autorisée et encadrée par la SHT. *** Cette vérification des faits a été réalisée par SaoCheck dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Elle a été produite grâce au mentorat de l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, PesaCheck, et au soutien financier de la Digital Democracy Initiative dans le cadre du projet Digitalise Youth mené par le Partenariat européen pour la démocratie (EPD). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La décision éditoriale reste du ressort de SaoCheck. Pour en savoir plus, rendez-vous sur : https://fr.factcheck.africa/
FAUX : Cette image ne montre pas un hélicoptère français abattu par l’armée malienne
La photo a été prise en mars 2014 dans le nord de la Syrie. Ce post TikTok prétendant montrer les débris d’un hélicoptère appartenant à la France, abattu par les Forces armées maliennes (FAMa), est FAUX. Le post montre, au premier plan, le Président de la Transition du Mali, le Général Assimi Goïta, assis sur une chaise. En arrière-plan, on aperçoit les débris d’un hélicoptère. La légende qui accompagne la publication affirme : « Intercepté, descente refusée : feu. Mali : Un hélicoptère français s’écrase à la suite d’une frappe réussie au Nord par l’armée de l’air malienne ». L’image est aussi reprise ici avec un autre message disant « Les FAMA réussissent à descendre un hélico français à la frontière Malienne. On ne parle plus trop maintenant c’est tester rester ». PesaCheck a examiné la publication et l’a trouvée fausse. Une recherche Google de mots-clés « hélicoptère français, abattu au Mali, 2025 », n’a pas donné de résultat crédible et aucun média français ou malien n’en parle. Une visite de la page Facebook des FAMa n’a révélé aucune trace de cette information. Une recherche d’images inversée via Yandex montre que cette image n’a aucun lien avec le Mali. L’image met en évidence l’épave d’un hélicoptère de l’armée syrienne prise le 1er mars 2014 après que les combattants du groupe lié à Al-Qaïda, État islamique d’Irak et du Levant (EIIL), l’auraient détruit lorsqu’ils quittaient l’aéroport militaire de Meng, dans la ville d’Alep, dans le nord de la Syrie, pour empêcher d’autres groupes d’opposition de prendre le relais. La photo est reprise ici et ici PesaCheck a examiné un post TikTok prétendant montrer les débris d’un hélicoptère appartenant à la France, abattu par les Forces armées maliennes, et l’a trouvé FAUX. *** Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentiellesur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux. Cette vérification de faits a été rédigée par le fact-checker Mardochée Boli et éditée par Josaphat Finogbé, éditeur d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par la rédactrice en chef à PesaCheck, Doreen Wainainah. *** Cet article a été publié à l’origine sur PesaCheck. Il est reproduit sur SaoCheck dans le cadre du programme d’incubation de Code for Africa, sans aucune modification du contenu original.
FAUX: l’ambassade de France au Tchad n’a pas suspendu la délivrance des visas non immigrants
Une publication Facebook de la page Afrique Unie, est reprise dans plusieurs groupes, prétendant montrer un communiqué officiel, selon lequel, l’ambassade de France au Tchad a « suspendu la délivrance de tous les visas non immigrants » à compter du 1er août 2025 et ce « jusqu’à nouvel ordre ». Sao Check a examiné la publication et l’a trouvée fausse. Une recherche de mots clés « suspension de la demande des visas français au Tchad » dans le moteur de recherche français Yahoo n’a pas montré la moindre trace d’une telle information. Aucune dépêche des agences de presse ni communiqué du ministère français des Affaires étrangères n’indique une suspension de visa. De plus, une visite du site internet ainsi que la page Facebook officielle de l’ambassade de France au Tchad ne montre aucune annonce de suspension. Le portail France-Visas, qui centralise toutes les informations sur la politique de visas de la France, ne fait pas mention d’une telle mesure. L’ambassade de France au Tchad a publié un démenti officiel le 30 juillet 2025, indiquant que : « Ce communiqué, qui usurpe les couleurs de la France, est un faux grossier destiné à induire les Tchadiens en erreur ». Elle rappelle aussi que « la délivrance de visas s’effectue normalement, selon les procédures habituelles ». Par ailleurs, en observant de près le visuel qui circule, plusieurs éléments suspects apparaissent. Le texte contient des fautes d’orthographe et des caractères inhabituels (« l’@mbassade », « sus;pend »…), une technique souvent utilisée pour contourner les filtres automatiques de Facebook. Le communiqué ne comporte ni entête officielle, ni signature, ni coordonnées diplomatiques, autant d’éléments pourtant indispensables à un vrai communiqué. Conclusion: cette publication qui prétend que l’ambassade de France au Tchad a suspendu la délivrance des visas, est FAUSSE. Cette vérification des faits a été réalisée par SaoCheck dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Elle a été produite grâce au mentorat de l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, PesaCheck, et au soutien financier de la Digital Democracy Initiative dans le cadre du projet Digitalise Youth mené par le Partenariat européen pour la démocratie (EPD). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La décision éditoriale reste du ressort de SaoCheck. Pour en savoir plus, rendez-vous sur : https://fr.factcheck.africa/