L’image prise en 2020 en Turquie met en évidence un système de reconnaissance du drone Bayraktar. Cette publication Facebook accompagnée d’une image prétendant montrer un drone Akinci à dans la région de Nakambé, au Burkina Faso, est PARTIELLEMENT FAUSSE. La publication, datant du 4 juillet 2025, dit ceci : « Dans la région de Nakambé, l’œil vigilant de Akinci a verrouillé des cibles aujourd’hui. Les détonations étaient attendues à des dizaines de kilomètres. Un bravo à l’armée de l’air en attendant le bilan de bienvenu Taonsa (sic) ». L’image montre un dispositif d’un appareil ressemblant à un avion. Une publication similaire a été partagée ici. PesaCheck a vérifié le post et l’a trouvé partiellement faux. Une recherche d’images inversées avec l’outil Bing a mis en évidence cet article publié le 19 avril 2021, avec ce titre : « Les drones turcs continuent de se multiplier et font sensation dans le monde entier ». La légende indique que l’image a été prise le 6 novembre 2020, en Turquie, et qu’elle montre un drone Bayraktar TB2. La même recherche a montré cet article mis en ligne le 9 novembre 2020. Ledit article fait comprendre que l’image a été faite le 6 novembre 2020 au Nord-ouest de la Turquie. La légende spécifie qu’il s’agit d’un drone Bayraktar TBR équipé du système de reconnaissance, de surveillance et de ciblage électro-optique CATS d’Aselsan. L’information est corroborée ici et ici. Une recherche Google avec les mots-clés « Dans la région du Nakambé, Akinci a verrouillé des cibles » n’a pas pu trouvé du contenu permettant de corroborer cette affirmation. Le Burkina Faso a acquis des drones Akinci avec lesquels l’armée lutte contre le terrorisme. PesaCheck a analysé un post Facebook prétendant montrer un drone Akinci verrouillant des cibles dans le Nakambé, au Burkina Faso, et l’a trouvé PARTIELLEMENT FAUX. *** Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux. Cette vérification de faits a été rédigée par le fact-checker Françoise Dembélé et éditée par Nicole Ricci Minyem, éditrice d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par la rédactrice en chef à PesaCheck, Doreen Wainainah. *** Cet article a été publié à l’origine sur PesaCheck. Il est reproduit sur SaoCheck dans le cadre du programme d’incubation de Code for Africa, sans aucune modification du contenu original.
CONTEXTE MANQUANT : Cette vidéo de manifestations au Togo ne date pas de 2025
Les images montrent des manifestations de l’opposition réprimées au Togo en 2017. Ce post TikTok prétendant montrer une manifestation de citoyens togolais exigeant le départ du Président Faure Gnassingbé en juin 2025 relève du CONTEXTE MANQUANT. La publication, datant du 8 juin 2025, annonce : « Aujourd’hui à Lomé, le peuple est très en colère. Le peuple décide qu’ils ne veulent plus de Faure. La colère des citoyens (sic) ». La vidéo, d’une durée de 1 minute et 5 secondes, montre des scènes d’affrontements entre manifestants et forces de l’ordre. Des images défilantes montrent des manifestants marchant et chantant : « Nous sommes fatigués. Nous, on ne veut plus de Faure. Il n’a qu’à partir. Ils ont des armes, ils ont du gaz lacrymogène, nous on a que des pierres (…) ». PesaCheck a examiné le post et a trouvé qu’il relève du contexte manquant. Une recherche d’images inversées avec Yandex a fait découvrir cette vidéopubliée le 19 octobre 2017 sur la chaîne YouTube de TV5 Monde avec la légende suivante : « Togo : à Lomé et Sokodé, contre Gnassingbé, les manifestants ne lâchent rien ». La même vidéo a été reprise sur le site Web de 360 Ava French le 19 octobre 2017. Une recherche Google avec les mots-clés « Manifestation à Lomé et à Sokodé contre Gnassingbé » a fait découvrir cet article mise en ligne par TV5 Mondele 19 octobre 2017. L’article relève qu’il s’agit d’un face-à-face tendu entre l’opposition et le pouvoir dans les rues de Lomé, la capitale et de Sokodé. L’information est corroborée ici. Le 6 juin 2025, au Togo, des jeunes ont protesté contre le régime de Faure Gnassingbé. Les manifestations ont été dispersées par les forces de l’ordre. PesaCheck a passé en revue un post TikTok prétendant montrer des manifestations récentes au Togo en juin 2025 et a trouvé qu’il relève du CONTEXTE MANQUANT. *** Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux. Cette vérification de faits a été rédigée par le fact-checker Françoise Dembélé et éditée par Josaphat Finogbé, éditrice d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par la rédactrice en chef à PesaCheck, Doreen Wainainah. *** Cet article a été publié à l’origine sur PesaCheck. Il est reproduit sur SaoCheck dans le cadre du programme d’incubation de Code for Africa, sans aucune modification du contenu original.
CONTEXTE MANQUANT : Cette photo des migrants expulsés de l’Algérie ne date pas de 2025
La photo a été prise en mars 2023, dans la ville nigérienne d’Assamaka. Ce post Facebook avec une image prétendant montrer des migrants expulsés d’Algérie en avril 2025 relève du CONTEXTE MANQUANT. Dans la publication faite le 22 avril 2025, le post met en évidence deux images. La première montre une multitude de personnes assises sur un sol sablonneux et alignées en file indienne tandis que la deuxième présente des montages photographiques du Président de la transition du Mali, le Général d’armée Assimi Goïta, et de son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune. Ce texte accompagne les images : « Afflux massif de migrants expulsés d’Algérie à Assamaka : Un melting-pot de détresses dans le désert nigérien. Un convoi de camions transportant 1 141 migrants expulsés d’Algérie a atteint, samedi 19 avril, le Point Zéro d’Assamaka, localité nigérienne frontalière. Selon des sources locales non confirmées officiellement, ce groupe hétérogène comprend 41 femmes, 7 filles et 5 garçons, originaires de pays africains et asiatiques (…) Un melting-pot de détresses qui interpelle. La diversité des nationalités reflète l’ampleur géographique d’une crise migratoire que l’Algérie gère par des expulsions massives vers le Niger, pays pourtant non destinataire initial de ces flux. Parmi les expulsés figurent : — 347 Guinéens dont 14 femmes et 8 enfants — 287 Maliens dont 6 femmes et 2 enfants — 87 Ivoiriens — 70 Béninois, 54 Burkinabés, ou encore 50 Somaliens dont 16 femmes (…) ». PesaCheck a vérifié le post et a trouvé qu’il relève d’un contexte manquant. Une recherche d’images inversées sur Bing a été utilisée pour contextualiser la première photo, qui montre des personnes assises au sol. On la retrouve dans cet article publié le 16 mai 2023 par Médecins Sans Frontières pour indiquer qu’il s’agit de milliers de migrants expulsés d’Algérie et abandonnés dans le désert du nord du Niger, sans accès à un abri, à des soins de santé, à une protection ou aux produits de première nécessité. La photo sert d’illustration à cet autre article du média espagnol Europapress.es rapportant que plusieurs migrants abandonnés dans le désert du nord du Niger, après avoir été expulsés par l’Algérie, se trouvent désormais dans la ville d’Assamaka sans abri ni soins médicaux. L’information est corroborée ici. La deuxième photo représentant les Présidents Goïta et Tebboune est présente cet article mis en ligne le 26 janvier 2024 par Lebrief Afrique, avec ce titre : « Mali : l’accord d’Alger vole en éclats ». Le 19 avril 2025, l’Algérie a expulsé au moins 1 140 migrants dans le désert, selon le collectif nigérien Alarme Phone Sahara, engagé dans l’assistance humanitaire aux migrants sur les routes sahariennes. Ces personnes ont été abandonnées dans une zone aride, sans accompagnement, et confrontées à des conditions climatiques extrêmes, notamment de fortes chaleurs, mettant leur sécurité en péril. Cependant, aucune des photos n’est identique à celle qui a entraîné cette vérification. PesaCheck a vérifié une publication Facebook avec une image prétendant montrer des migrants expulsés d’Algérie en avril 2025 et a conclu qu’elle relève du CONTEXTE MANQUANT. *** Cette publication fait partie d’une série continue de vérifications des faits par PesaCheck, examinant du contenu marqué comme une désinformation potentielle sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux. Cette vérification de faits a été rédigée par le fact-checker Mamady Kebe et éditée par Nicole Ricci Minyem, éditrice d’articles à PesaCheck. Cet article a été approuvé pour publication par la rédactrice en chef à PesaCheck, Doreen Wainainah. *** Cet article a été publié à l’origine sur PesaCheck. Il est reproduit sur SaoCheck dans le cadre du programme d’incubation de Code for Africa, sans aucune modification du contenu original.
Attention à la désinformation sur Facebook : de faux témoignages de guérison du VIH et l’utilisation détournée d’images
Un message devenu viral dans beaucoup de groupes facebook affirme qu’une dénommée Angelina Josiane, vivant en Allemagne, aurait obtenu une guérison miraculeuse du VIH grâce à des produits naturels recommandés par un certain « docteur prophète Gérôme ». Le message utilise un style émotionnel intense pour raconter un parcours de maladie, désespoir et rétablissement en s’appuyant sur des émojis et un récit personnel puissant. Les publications de ce genre poussent les individus vulnérables à accepter des traitements miraculeux sans fondement scientifique, créant ainsi un danger majeur de désinformation. Analyse de la publication L’histoire décrit comment, suite à de nombreuses années de traitements médicaux sans succès, l’existence de l’auteure aurait changé grâce à un supposé remède naturel. Elle parle d’une métamorphose physique radicale et évoque l’éventualité d’une guérison prodigieuse. Cependant, plusieurs aspects soulèvent des questions : la structure du récit, l’utilisation fréquente d’émojis pour accentuer le caractère émotionnel, ainsi que l’existence d’un lien direct vers un groupe WhatsApp pour joindre le « docteur prophète Gérôme ». La méthode employée s’inscrit dans un modèle récurrent de désinformation : utilisation de témoignages individuels non confirmés, proclamation de résultats hors du commun et usage de moyens de communication non officiels. Vérification des images et du contenu visuel Un des aspects les plus alarmants de ce document est l’emploi d’images qui, d’après nos recherches, sont issues d’un contexte médical tout à fait différent. Effectivement, l’une des photos montrées provient de cas de variole du singe (mpox), qui est une maladie différente du VIH. Ces images ont été décontextualisées pour donner du crédit aux assertions présentes dans le texte. Des outils comme la recherche d’images inversée de Google confirment que ces images ont déjà servi à représenter la variole du singe dans diverses autres publications. Il faut souligner qu’à l’heure actuelle, aucun traitement ou remède prodigieux n’est connu pour soigner le VIH. Malgré leur efficacité à maîtriser le virus, les thérapies antirétrovirales ne peuvent pas guérir une personne atteinte du VIH. Les autorités de santé, tant au niveau local qu’international, préviennent contre les promesses fallacieuses et les traitements non validés qui pourraient avoir des effets dévastateurs, aussi bien sur le plan médical que psychologique pour les individus concernés. La publication anonyme : un vecteur de désinformation L’annonce a été faite de manière anonyme sur un groupe Facebook. Cette fonctionnalité offre aux utilisateurs la possibilité de diffuser du contenu sans exposer leur identité. Bien que l’anonymat puisse favoriser le partage d’expériences privées délicates, il peut également être utilisé par des individus malveillants pour propager des informations fallacieuses sans se faire repérer. Dans ce cadre, le manque de clarté concernant l’auteur complique davantage la vérification des faits et met en évidence le besoin pressant d’une modération accrue dans ces espaces numériques. Cette publication est un cas typique de désinformation utilisant des faux témoignages, des images manipulées et l’anonymat pour tromper. Elle met en évidence comment des contenus non validés peuvent se diffuser et créer de fausses attentes chez des individus fragiles. Il est essentiel que le public s’adresse à des sources dignes de confiance, comme les professionnels de santé et les institutions établies, pour recevoir des informations et des traitements sûrs. Le combat contre cette forme de désinformation requiert une validation stricte des faits et une éducation renforcée sur les risques des traitements non scientifiquement approuvés. Article rédigé par Denis NGARNDIGUINA
FAUX : Ce document est une tentative de fraude bancaire.
Depuis quelques jours, un e-mail suspect circule, prétendant offrir un héritage de 8,5 millions de dollars au nom de la Banque de réserve sud-africaine (SARB). Notre enquête révèle qu’il s’agit en réalité d’une escroquerie bien organisée, utilisant de faux documents gouvernementaux et judiciaires pour tromper ses victimes. Voici pourquoi ce message ne résiste pas à l’examen des faits. Une origine déjà compromise Le premier élément suspect saute aux yeux : l’e-mail provient de l’adresse nfo@metalimpex.si, un domaine slovéne sans aucun lien avec les institutions sud-africaines. Or, la Banque de réserve sud-africaine utilise exclusivement le domaine @resbank.co.za pour ses communications officielles. Par ailleurs, les systèmes de sécurité de Gmail identifient déjà ce message comme dangereux, ce qui confirme son caractère frauduleux. Des documents falsifiés Pour donner une apparence de légitimité, les escrocs ont joint plusieurs documents, tous aussi douteux les uns que les autres. Parmi eux figurent des copies de cartes d’identité sud-africaines au nom de Ferreira Frans Michael et Henriette Louise Ferreira. Problème : les véritables documents d’identité sud-africains comportent des éléments de sécurité complexes, tels que des hologrammes et des filigranes, totalement absents ici. De plus, aucune trace de ces individus dans les registres publics. Autre pièce jointe suspecte : une lettre attribuée au « Ministère des Finances », signée par un mystérieux « Office of the Operation Manager ». Une désignation qui n’existe dans aucune administration sud-africaine. Pire, l’adresse indiquée – 40 Church Square, Pretoria – est régulièrement utilisée dans des escroqueries similaires. Enfin, la mention d’un « service bancaire 24h/24 » attribué à un ministère relève du pur fantasme. Un faux jugement qui ne trompe personne Le document le plus audacieux est sans doute celui attribué à la North Gauteng High Court, censé autoriser le transfert des fonds. Outre le ton peu professionnel (« Votre satisfaction est notre priorité »), ce prétendu jugement invoque le Haut Commissariat aux droits de l’homme (HCDH), une institution onusienne qui n’a strictement rien à voir avec des transactions financières. De plus, aucun numéro de dossier n’est fourni, ce qui rend toute vérification impossible. Les incohérences qui ne passent pas Plusieurs éléments trahissent la supercherie. D’abord, une banque centrale ne gère jamais les héritages ; c’est le rôle des notaires ou des tribunaux. Ensuite, aucune procédure légale sérieuse ne se fait par simple e-mail, sans vérification préalable. Enfin, le prétexte d’une « maladie grave » et d’un « centre d’isolement » pour justifier un transfert urgent est un scénario trop invraisemblable pour être crédible. Comment les escrocs procèdent-ils ? Cette arnaque repose sur deux mécanismes classiques. D’abord, la pression psychologique : la menace d’un transfert à un tiers sous sept jours vise à précipiter la victime. Ensuite, l’utilisation de logos et de noms officiels cherche à endormir la méfiance. Une fois la confiance obtenue, les fraudeurs demanderont soit des frais de déblocage (arnaque à l’avance de frais), soit des informations bancaires pour vider le compte de leur cible. Que faire si vous avez reçu ce message ? La marche à suivre est simple : ne répondez pas, n’ouvrez pas les pièces jointes, et signalez l’e-mail comme tentative de phishing. Si vous avez déjà partagé des informations personnelles, contactez immédiatement votre banque et changez vos mots de passe. Pour toute vérification, le site officiel de la SARB (www.resbank.co.za) reste la seule source fiable. Une escroquerie sans ambiguïté Entre expéditeur falsifié, documents trafiqués et incohérences flagrantes, cette prétendue offre d’héritage ne résiste pas à l’analyse. Les institutions financières sérieuses ne contactent jamais les particuliers de cette manière. Face à des promesses trop alléchantes, la vigilance reste la meilleure protection. Article rédigé par Nady Doumdanem dans le cadre du Projet Jumelage des Initiatives Francophones pour la lutte contre les désordres de l’information, soutenu par l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).