La publication partagée sur Facebook montre au premier plan le ministre tchadien de l’Eau et de l’Énergie, Passalé Kanabé Marcelin, avec en surimpression la phrase : « 57 % des populations tchadiennes ont accès à l’eau potable ». Le visuel arbore également le logo de Tchad24. Sao Check a examiné la publication et l’a trouvée fausse. Une recherche par mots-clés associant le nom du ministre et le chiffre de 57 % n’a donné aucun résultat crédible. Les médias tchadiens ou internationaux de référence ne rapportent pas que le ministre ait tenu ces propos, et aucune trace n’apparaît dans les communiqués officiels ni sur les canaux institutionnels. Au contraire, ils font état d’un chiffre global de 63,5 % . La page Facebook Tchad24 a d’ailleurs publié un démenti, affirmant ne pas être à l’origine de ce visuel. Quant aux données fiables disponibles, elles contredisent ce chiffre. Selon le programme conjoint OMS/UNICEF (JMP), l’accès « au moins de base » à l’eau potable au Tchad était de 45,75 % en 2022. Certains rapports nationaux ou d’agences de l’ONU évoquent des pourcentages plus élevés (environ 60 %), mais ils reposent sur une définition différente« approvisionnement en eau » via une source améliorée, sans prendre en compte la distance ou le temps d’accès. Ces estimations ne correspondent pas à l’indicateur international de suivi des Objectifs de développement durable (ODD 6). Pour lever toute ambiguïté, l’équipe de Sao Check a pris contact avec le cabinet du ministre de l’Hydraulique qui nous a confirmé que le ministre n’a jamais tenu les propos attribués dans la publication en question. « Le ministre n’a pas reconnu avoir donné ces chiffres », a précisé le directeur de cabinet Monsieur Kemba Didah Alain, rappelant que toute communication officielle du ministère passe par ses canaux habituels. Il nous a aussi par la même occasion, fourni un document sur le le taux d’accès à l’eau par provinces en 2023 donnant enfin un taux global de 63,29 %, ce qui est d’ailleurs proche de celui fait par les autres études que nous avons mentionné. Cette clarification vient renforcer l’absence de preuve crédible et démontre que la citation relayée en ligne est infondée. Conclusion : le post est faux. Le ministre n’a pas déclaré ce chiffre, et les données de référence au ministère chargé de l’eau situent l’accès à l’eau potable au Tchad à 63,29 %, bien au-delà des 57 % avancés. Cette vérification des faits a été réalisée par SaoCheck dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Elle a été produite grâce au mentorat de l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, PesaCheck, et au soutien financier de la Digital Democracy Initiative dans le cadre du projet Digitalise Youth mené par le Partenariat européen pour la démocratie (EPD). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La décision éditoriale reste du ressort de SaoCheck. Pour en savoir plus, rendez-vous sur : https://fr.factcheck.africa/
Faux, cette image qui prétend que le président Tchadien s’est agenouillé devant le pape est fausse
Le 16 octobre 2025, le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno s’est rendu en audience au Vatican afin de renforcer les liens entre le Tchad et le Saint-Siège. Les dépêches officielles confirment cette rencontre diplomatique. Tchadinfos rapporte par exemple que « le chef de l’État s’est rendu ce jeudi au Vatican où il a été reçu par le souverain pontife ». Les échanges ont porté sur la coopération bilatérale (éducation, santé, paix, etc.) et ont été qualifiés de « strictement diplomatique et cordial » Pendant que cette visite officielle suscite un communiqué de la présidence tchadienne, de nombreuses publications sur les réseaux sociaux diffusent une image truquée montrant M. Déby agenouillé devant le pape. L’image en question est vendue comme prise lors de cette audience vaticane, mais sa véracité soulève immédiatement des doutes. Démarche de vérification Pour analyser cette image et les affirmations qui l’accompagnent, nous avons procédé comme suit : Le faux : indices et démentis officiels Il apparaît rapidement que l’image est un photomontage généré par intelligence artificielle (IA). Plusieurs rédactions tchadiennes indépendantes ont confirmé qu’il s’agit d’une manipulation. Par exemple, tchadinfos décrit la photo virale comme « un photomontage généré par IA ». Le Journal du Tchad souligne aussi que « l’image… suscite de nombreux commentaires, pourtant, il s’agit d’un montage généré par intelligence artificielle ». Plusieurs indices techniques confirment cette analyse : Enfin, il est confirmé par un membre de la délégation tchadienne que « aucune scène de ce type n’a eu lieu » pendant l’audience. Les photos réelles de la rencontre montrent M. Déby debout, aux côtés du pape et des officiels, lors d’un échange protocolaire respectueux. En conclusion, tchadinfos insiste sur le fait que « les véritables photos de la rencontre montrent un échange diplomatique et respectueux », et non la scène de confession agenouillée diffusée sur les réseaux. En conclusion, l’image en question est une fausse image générée par IA. Le gouvernement tchadien lui-même a mis en garde contre cette manipulation numérique. Elle ne reflète pas la réalité de la visite du président Deby au Vatican : la rencontre avec le pape fut officielle et courtoise, sans attitude humiliante. Les indices technologiques (logo Gemini, incohérences visuelles) ainsi que le démenti officiel confirment que cette photo n’a aucun fondement factuel. En somme, cette image est un canular destiné à diffuser de la désinformation, et non un témoignage authentique de l’audience papale. Cette vérification des faits a été réalisée par SaoCheck dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Elle a été produite grâce au mentorat de l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, PesaCheck, et au soutien financier de la Digital Democracy Initiative dans le cadre du projet Digitalise Youth mené par le Partenariat européen pour la démocratie (EPD). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La décision éditoriale reste du ressort de SaoCheck. Pour en savoir plus, rendez-vous sur : https://fr.factcheck.africa
FAUX : l’UNICEF n’a pas ouvert de « portail d’emplois UNICEF 2025/2026 »
Un message partagé (sur WhatsApp et Facebook) prétend qu’un « portail de candidature pour le recrutement du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) 2025/2026 » serait ouvert via ce lien. En réalité, il s’agit d’un canular. Plusieurs indices montrent qu’il s’agit d’un site frauduleux et non de l’UNICEF. La même arnaque a déjà été signalée ailleurs : par exemple, le bureau de l’UNICEF au Kenya a publié sur Facebook qu’une offre similaire était fausse. Analyse du site eahigh.org/unicef-fr Le site en question ne provient pas de l’UNICEF. Son domaine a été créé très récemment (le 25/09/2025), et son propriétaire est « caché » dans la base WHOIS, une plateforme de vérification des domaines. Les outils de vérification signalent qu’un nom de domaine si neuf est suspect (ScamDoc indique « domaine très récent (moins de 6 mois) ». De même, Scamadviser relève que « l’âge de ce site est (très) jeune » et que le site a été signalé comme menace dans les 30 derniers jours. Ces plateformes recommandent la méfiance : un site d’arnaque est souvent créé juste avant la diffusion de la fraude puis abandonné peu après. Visuellement, le site reprend le logo et l’apparence de l’UNICEF, mais il ne liste aucun poste précis ni condition de recrutement (aucun intitulé de poste, aucune description de mission). Le processus présenté est typique d’une arnaque à la chaîne : après avoir renseigné quelques données (nom, téléphone, e-mail, niveau d’études…), l’utilisateur est invité à partager le lien sur WhatsApp dans 5 groupes ou auprès de 15 contacts pour accéder à la suite du « processus de recrutement ». Ce mécanisme (exiger un partage viral pour avancer) a été observé sur des fraudes similaires. En réalité, aucune offre d’emploi n’est publiée et le site cherche à propager le spam ou à collecter des données personnelles. Position officielle de l’UNICEF Le site Carrières de l’UNICEF insiste qu’aucune candidature n’entraîne de frais : « L’UNICEF ne facture jamais de frais à quelque étape que ce soit du processus de recrutement (candidature, entretien, voyage, etc.) ». Il précise aussi que toutes les offres officielles sont diffusées sur le portail mondial ou par ses structures nationales. En résumé, aucun « portail secret » indépendant comme eahigh.org n’est légitime. Ce prétendu « portail d’emplois UNICEF 2025/2026 » est un site frauduleux. Les éléments techniques (domaine tout récent, masquage du propriétaire) et le mode opératoire (demande de partage sur WhatsApp, promesse vague d’offre) confirment qu’il s’agit d’une arnaque de type phishing. Cette vérification des faits a été réalisée par SaoCheck dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Elle a été produite grâce au mentorat de l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, PesaCheck, et au soutien financier de la Digital Democracy Initiative dans le cadre du projet Digitalise Youth mené par le Partenariat européen pour la démocratie (EPD). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La décision éditoriale reste du ressort de SaoCheck. Pour en savoir plus, rendez-vous sur : https://fr.factcheck.africa/
FAUX, la France n’appelle pas ses ressortissants à quitter le Cameroun en 72 h
Depuis le 20 octobre 2025, après l’élection présidentielle au Cameroun, le pays connaît un climat tendu. Le principal candidat challenger a contesté les résultats, entraînant des manifestations ponctuelles dans plusieurs villes. C’est dans ce contexte électoral sensible qu’une fausse information a circulé sur les réseaux sociaux du Tchad. Des publications reprenaient une image (dite de Tchad24) pour affirmer que « la France appelle ses ressortissants à quitter le Cameroun dans les 72 h ». Le message, adressé aux « compatriotes au Cameroun », invitait également à éviter les déplacements. Vérification des faits : Toutes les sources officielles indiquent qu’il s’agit d’un canular. Plusieurs médias crédibles ont rapporté que l’ambassade de France au Cameroun a formellement démenti tout appel à l’évacuation du pays. Comme le relève le site tchadien Tchadinfos, les « faux documents n’émanent pas du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères français » et l’ambassade confirme qu’il s’agit d’« une fausse information à visée malveillante ». En particulier, l’ambassade a précisé sur sa page officielle qu’aucun communiqué officiel n’appelle à fuir le Cameroun. Conclusion : Le prétendu appel au départ lancé par « la France » relève donc de la désinformation. Les Tchadiens (et Français) établis au Cameroun n’ont reçu aucune consigne d’évacuation de la part de Paris. En revanche, les autorités françaises et camerounaises recommandent de rester vigilants face aux manifestations, mais sans ordre de quitter le pays. Les usagers des réseaux sociaux sont invités à ne pas relayer ce type de contenu alarmiste sans vérification. Pour toute information officielle, il est conseillé de consulter les canaux confirmés (site de l’Ambassade de France au Cameroun ou du ministère français des Affaires étrangères). Cette vérification des faits a été réalisée par SaoCheck dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Elle a été produite grâce au mentorat de l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, PesaCheck, et au soutien financier de la Digital Democracy Initiative dans le cadre du projet Digitalise Youth mené par le Partenariat européen pour la démocratie (EPD). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La décision éditoriale reste du ressort de SaoCheck. Pour en savoir plus, rendez-vous sur : https://fr.factcheck.africa
Faux : le sultan Mbang Adji n’a pas été arrêté ni humilié lors d’une conférence internationale
Une vidéo satirique intitulée « Le sultan soûlard est dépassé par la superdose de tramol » mise en ligne par une page facebook nommée Tchad Révolution Unie circule depuis quelques jours sur facebook. Sur cet enregistrement, le Sultan de Baguirmi, Sa Majesté Mbang Adji (aussi appelé Mbang Hadji Woli Mahamat), est censé participer à une conférence internationale et tenter de filmer la scène, avant d’être arrêté par des agents de sécurité. La vidéo sous-entend qu’il serait ivre et analphabète. Qui est Mbang Adji (Mbang Hadji Woli Mahamat) ? Mbang Hadji Woli Mahamat est le sultan héréditaire du Baguirmi et exerce aussi une haute fonction politique et est Premier Vice-Président du Sénat tchadien. Le 14 mai 2025, par exemple, il a été élu Vice-Président de l’Union Parlementaire de la Coopération Islamique, au nom du Tchad. En octobre 2025, il a participé à Genève à des réunions de haut niveau (par exemple sur le conflit Israël-Hamas) en tant que Vice-Président de l’Union parlementaire islamique. Aucun média ne rapporte d’incident à son propos lors de ces réunions internationales. Ce que montre la vidéo La vidéo virale présente le Sultan Mbang Adji devant une table, un téléphone en main. Le faux titre incruste « Le sultan soûlard est dépassé par la superdose de tramol » (une référence insultante à l’alcool et au tramadol, un médicament opiacé). L’image est caricaturale : on le voit faire des gestes bizarres avec ses mains (ramener rapidement le téléphone vers lui puis le reposer), comme si les mouvements étaient saccadés. Des auditeurs ricanent en arrière-plan et des agents de sécurité l’« arrêtent » sommairement. Sous-entendu : il est ivre et illettré. Aucune source fiable ne corrobore cet incident. Les sites d’information tchadiens consultés (Hamama Média, Tachad) décrivent sa participation à la conférence de Genève sans incident. Aucun reportage n’indique qu’il ait été “arrêté” ou pointé du doigt pour son attitude. Absence de documents sources réels. Si cette scène avait eu lieu, on s’attendrait à trouver des vidéos originales provenant de journalistes ou de comptes officiels. Or l’unique trace de cette séquence est cette vidéo montée, diffusée sur des réseaux sociaux informels (Facebook, Instagram), sans lien vers une source crédible. Cela indique qu’il s’agit d’un montage humoristique ou satirique, non d’un reportage authentique. Démarche de vérification du fact-check Pour analyser la véracité de la vidéo, nous avons procédé de la manière suivante : Verdict : vidéo manipulée (FAUX) La vidéo en question n’est pas authentique. Il s’agit d’un montage créé pour se moquer du Sultan Mbang Adji. Son titre diffamatoire (« sultan soûlard, superdose de tramol ») est mensonger. Les analyses techniques (outils de détection, incohérences visuelles) et factuelles (absence de source, biographie du personnage) convergent pour conclure qu’il s’agit d’un canular viral. Les éléments de preuve appuient donc le dévoilement d’une fausse vidéo deepfake. En résumé : aucune preuve crédible ne vient étayer l’« incident » montré dans la vidéo. Les anomalies visuelles observées correspondent à des défauts connus de vidéos générées par IA. Les technologies actuelles ne permettent pas de dissimuler totalement ces artefacts. Par conséquent, cette vidéo doit être considérée comme un montage satirique et non comme un reportage authentique. Cette vérification des faits a été réalisée par SaoCheck dans le cadre du programme d’incubation de l’Alliance africaine de vérification des faits (AFCA). Elle a été produite grâce au mentorat de l’initiative de vérification des faits de Code for Africa, PesaCheck, et au soutien financier de la Digital Democracy Initiative dans le cadre du projet Digitalise Youth mené par le Partenariat européen pour la démocratie (EPD). Le mentorat de l’AFCA respecte l’indépendance journalistique des chercheurs, en leur offrant l’accès à des techniques et des outils avancés. La décision éditoriale reste du ressort de SaoCheck. Pour en savoir plus, rendez-vous sur : https://fr.factcheck.africa